Adamou Soukarou et ses ouailles passent aux aveux à la barre
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Proxénétisme et prostitution alimentaient les débats, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. Adamou Soukarou, sous le sobriquet de ‘’Maïmouna’’ sur la toile, recrutait des demoiselles via Facebook et les mettait en rapport avec des hommes moyennant rémunération.
Six mois d’emprisonnement ferme, c’est la peine infligée, hier, à Adamou Soukarou. Il a été reconnu coupable des délits de proxénétisme, d’incitation à la débauche et d’usurpation d’identité numérique. Lors de sa comparution à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar, le prévenu a reconnu les faits sans ambages. Ce qui n’a pas été le cas de ses co-prévenus Gora Sall, poursuivi pour incitation à la débauche ; Maréta Sy, Khady Mbaye et Maimouna Cissé, jugées pour défaut de carnet sanitaire.
Les agissements de la bande ont été dévoilés quand F. Diom, pensionnaire du centre Guindi, a sollicité l’aide d’une responsable dudit centre, dans une affaire qui l’oppose à deux de ses co-pensionnaires. La responsable a, alors, découvert que les filles étaient entrées en contact avec une certaine Maïmouna qui les mettait en rapport avec des hommes, moyennant rémunération.
En effet, il ressort de la procédure que F. Diom a fait la connaissance de cette personne via le réseau social Facebook. L’homme l’a mis en rapport avec le nommé Gora Sall qu’elle a rencontré à la cité Mixta. Au moment de rentrer, celui-ci lui a donné 5 mille francs CFA.
Ainsi, elle a décidé de mettre en rapport ses camarades du centre avec Maïmouna. Mais une enquête minutieuse de la division de la cybercriminalité a permis de savoir que la personne qui se cachait derrière le pseudonyme de ‘’Maïmouna’’ est en réalité un homme. Il s’agit d’Adamou Soukarou.
Arrêté, l’homme est passé aux aveux et a concouru à l’arrestation de ses co-prévenus avec qui il avait l’habitude de travailler.
Au prétoire, le prévenu Adamou Soukarou, né en 1993 et cuisinier de profession, a laissé entendre : ‘’A cause de la Covid-19, mes revenus ont considérablement baissé. Pour boucler mes fins du mois, j’ai eu l’idée de me lancer dans cette activité.’’ Il a avoué qu’il avait bel et bien dit qu’il arrangeait des rendez-vous entre les filles et certains hommes, sous le regard désapprobateur de celles-ci qui ont tenté de nier les faits.
Mais cette déclaration fracassante ne fut qu’une mise en bouche. Il a révélé qu’il se chargeait de trouver des prostituées pour ses clients. En contrepartie, il renseigne qu’il recevait parfois 5 mille francs CFA par rencontre.
Poursuivant ses aveux, il a ajouté qu’il avait l’habitude d’organiser des rendez-vous entre Gora Sall et Maréta Sy ou avec d’autres filles. Se faisant plus précis, il a renseigné que celui-ci préfère les filles à la taille fine. ‘’Les affaires marchaient tellement bien que je ne pouvais plus arrêter’’, a-t-il martelé. Reconnaissant également qu’il lui arrivait de satisfaire les désirs de certains clients, en les mettant en rapport avec des filles mineures, âgées entre 16 et 17 ans.
Interrogé à son tour, Gora Sall a juré qu’il n’a jamais entretenu de relations sexuelles avec ces filles. Exerçant la profession de chauffeur, il affirme qu’il sollicite les services d’Adamou, car il n’a pas le temps de faire des rencontres. ‘’Quand il me présente des filles, j’essaie juste d’avoir une relation amoureuse avec elles. Si je suis compatible avec l’une d’entre elles, je l’épouse’’, s’est-il défendu.
Les filles passent aux aveux
S’agissant des demoiselles Maréta Sy, Maimouna Cissé et Khady Mbaye, elles ont d’abord contesté le fait d’exercer le plus vieux métier du monde sans détenir de carnet sanitaire, avant de se résoudre à dire la vérité.
Née en 2001, Maréta Sy, étudiante en hôtellerie, raconte qu’elle s’adonne à cette pratique, mais ignorait qu’elle devait se munir d’un carnet sanitaire. Il est ressorti des débats que pour s’offrir une robe, à l’occasion de son anniversaire, elle a accepté des ébats sexuels avec un homme moyennant rémunération. En sanglots, elle a promis de ne plus exercer ce métier.
Même son de cloche pour Maimouna Cissé et Khady Mbaye. Cette dernière, divorcée et mère de famille, a été arrêtée, alors qu’elle croyait avoir un rancard avec un individu qui était en réalité un policier.
La représentante du ministère public, qui a estimé que les infractions sont consommées à l’endroit des prévenus, a requis 2 ans d’emprisonnement ferme contre Adamou Soukarou ; 2 ans dont 6 mois ferme contre Gora Sall et 2 ans dont 1 mois d’emprisonnement ferme contre les filles.
Estimant que le réquisitoire du parquet est sévère, les avocats de la défense ont sollicité une application bienveillante de la loi à l’endroit de leurs clients qui se sont amendés.
Finalement, le tribunal, après avoir condamné Adamou Soukarou à 6 mois d’emprisonnement ferme, a reconnu Maréta Sy, Maimouna Cissé et Khady coupables. Elles sont condamnées à 1 mois assorti du sursis. Gora Sall a, lui, été relaxé.
MAGUETTE NDAO