Le Front syndical décrète une grève générale le 10 juillet

Le climat social risque de se tendre davantage dans les prochaines semaines. Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT), qui regroupe plusieurs centrales syndicales, a annoncé une grève générale nationale de 24 heures le vendredi 10 juillet prochain pour protester contre la procédure engagée par le gouvernement dans le cadre de la réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale.
Dans une déclaration rendue publique hier, les organisations membres du FSDT dénoncent la transmission des projets de loi à la Commission des lois de l'Assemblée nationale sans qu'une relecture consensuelle des textes n'ait été effectuée avec les partenaires sociaux. Selon elles, cette démarche constitue une remise en cause du dialogue social et des engagements pris entre l'État, le patronat et les syndicats.
Les responsables syndicaux estiment que l'examen des textes par les députés, prévu les 17 et 18 juin, intervient alors que plusieurs points continuent de susciter des réserves au sein des organisations de travailleurs. Ils accusent le gouvernement d'avoir engagé une procédure unilatérale en violation de « l'esprit ainsi que des engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable ».
Face à cette situation, le FSDT exige la suspension immédiate de la procédure parlementaire et l'ouverture d'une concertation tripartite associant le gouvernement, les syndicats et le patronat avant toute adoption définitive des projets de loi.
Au-delà de la réforme des deux codes, le Front syndical remet également sur la table plusieurs revendications restées, selon lui, sans réponse. Il cite notamment l'extension de l'indemnité de logement aux agents contractuels de la santé, la réintégration des 911 travailleurs licenciés dans les établissements publics et parapublics ainsi que l'apurement du passif social dans les entreprises fermées, liquidées ou en cessation d'activités.
Le FSDT prévient que le gouvernement portera l'entière responsabilité d'une éventuelle dégradation du climat social. Tout en réaffirmant son attachement au dialogue, il assure qu'il utilisera tous les moyens légaux à sa disposition pour défendre les droits des travailleurs et les libertés syndicales.
Cette menace de grève intervient dans un contexte où les autorités mettent en avant le Pacte national de stabilité sociale comme principal cadre de concertation avec les partenaires sociaux. L'annonce du mouvement d'humeur révèle toutefois la persistance de tensions autour de plusieurs dossiers sociaux majeurs, dont la réforme du droit du travail.
FATOU BA






