Publié le 17 Aug 2026 - 15:48
RAPPORT OIM - ENTRE JANVIER ET JUIN 2026

Les routes de la Méditerranée ont tué 1 065 personnes

 

Les routes migratoires deviennent de plus en plus dangereuses, malgré une baisse des arrivées irrégulières en 2026. Selon les nouvelles données de l'OIM, en 6 mois, les routes de la Méditerranée ont fait 1 065 décès.

 

Le nombre de migrants décédés a plus que doublé sur la route de la Méditerranée centrale et a triplé sur celle de la Méditerranée orientale au cours des quatre premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025, alors même que le nombre d'arrivées en Europe chutait considérablement, selon de nouvelles données publiées aujourd'hui par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Selon un communiqué parvenu à EnQuête, les nouvelles données de l'OIM révèlent que les conditions météorologiques extrêmes, les conflits, les pressions économiques et l'évolution des politiques migratoires ont modifié les parcours migratoires dans plusieurs régions durant les quatre premiers mois de 2026. Sur la route de la Méditerranée centrale, 821 personnes sont décédées ou ont disparu, soit une augmentation de 111 %, tandis que les arrivées ont chuté de 46 %, s'établissant à 8 577. Plus de la moitié de ces décès (430) ont été enregistrés rien qu'au mois de janvier, lorsque le cyclone Harry a frappé la région.

Sur la route de la Méditerranée orientale, 244 personnes ont perdu la vie, soit une hausse de 259 %, de nombreux décès étant liés à des traversées maritimes ayant viré au drame près de la Crète.

Ugochi Daniels, Directrice générale adjointe de l'OIM, fait remarquer que moins d'arrivées ne signifie pas des trajets plus sûrs. « Derrière chacun de ces chiffres se trouve une famille qui attend des nouvelles qui n'arriveront jamais. Alors que les trajets deviennent plus longs et plus périlleux, sauver des vies en mer et sur terre demeure une responsabilité partagée, qu'aucun pays ne peut assumer seul », ajoute-t-elle.

En outre, les données de l'OIM indiquent que, sur la route atlantique de l'Afrique de l'Ouest, les arrivées en Espagne ont chuté de 78 % pour s'établir à 2 276, soit la baisse la plus marquée parmi toutes les routes vers l'Europe. Les zones de départ se sont déplacées plus au sud le long de la côte ouest-africaine, allongeant ainsi la traversée maritime et accroissant les risques encourus par les migrants.

Toutes les routes n'ont pas connu de baisse. Les arrivées en Espagne via la route de la Méditerranée occidentale ont augmenté de 66 % pour atteindre 5 647, une hausse largement portée par le triplement des passages terrestres vers Ceuta et Melilla. Les arrivées au Yémen par la route orientale de la Corne de l'Afrique ont progressé de 9 % pour atteindre 70 200, conformément aux tendances saisonnières. En Amérique centrale, les mouvements vers le nord à travers la région du Darién, au Panama, ont pratiquement cessé, avec seulement 135 passages enregistrés.

Les conséquences de la crise au Moyen-Orient

Les hostilités au Moyen-Orient ont également affecté les dynamiques de mobilité dans la région et au-delà au cours de la période considérée. À la suite de l'escalade amorcée fin février, des déplacements de grande ampleur ont été enregistrés au Liban et les retours transfrontaliers vers la République arabe syrienne ont augmenté en mars et avril, tandis que la pression s'intensifiait sur la mobilité de la main-d'œuvre et les flux de rapatriements de fonds en Asie du Sud, au Moyen-Orient et en Afrique, informe l’OIM.

« L'attention a tendance à se concentrer sur un nombre limité d'itinéraires, alors que près de la moitié des 304 millions de migrants internationaux dans le monde vivent au sein de leur propre région, se déplaçant pour des raisons professionnelles, familiales, éducatives ou pour leur sécurité. Si des données fiables ne remplacent pas les solutions, aucune solution n'est possible sans elles. Lorsque tous les acteurs s'appuient sur une vision claire et commune, cela conduit à de meilleures décisions », souligne Mme Daniels.

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