Les acteurs accélèrent la traque des cas

Le compte est loin d'y être : sur 1 100 cas de tuberculose attendus en 2026, seuls 378 sont recensés pour le moment. Pour renverser la tendance, une caravane de sensibilisation a sillonné, samedi dernier, les quartiers sensibles de la vieille ville, notamment Pikine et la Langue de Barbarie. Une manière pour les autorités sanitaires et communautaires de retrouver les malades qui échappent encore au dépistage.
La tuberculose n'a pas dit son dernier mot à Saint-Louis. Et les chiffres disponibles en cette période de l'année donnent du fil à retordre aux autorités sanitaires. Sur une cible de 1 100 cas attendus en 2026, seuls 378 ont été enregistrés jusqu'au mois de septembre. Un écart qui pousse la Direction régionale de la santé à investir davantage le terrain.
Durant le week-end, une caravane de sensibilisation a ainsi pris d'assaut plusieurs quartiers de la commune. Agents de santé et acteurs communautaires ont uni leurs forces pour aller au-devant des populations. Dans les rues et les zones identifiées comme sensibles, l'objectif de cette forte mobilisation est de casser la chaîne de transmission par le dépistage et la prise en charge précoces.
Pour Dr Abiboulaye Sall, directeur régional adjoint de la santé de Saint-Louis, l'enjeu dépasse largement les seuls chiffres du dépistage. « La tuberculose est une maladie qui est transmissible, qui est contagieuse. Et si les cas ne sont pas détectés très tôt et pris en charge très tôt, ils peuvent engendrer d'autres cas », souligne-t-il. D'où l'importance de responsabiliser les communautés. A ses yeux, les populations doivent connaître la maladie, comprendre comment elle se transmet et, surtout, ne pas attendre avant de recourir aux soins. « Retrouver les malades permet non seulement de les traiter, mais également de limiter les risques de contamination autour d'eux », insiste le directeur régional adjoint de la DRS.
L'année 2025 avait déjà révélé les difficultés dans le dépistage. Sur un objectif de plus de 1 000 cas, la région de Saint-Louis en avait enregistré 807, soit environ 80 % de la cible. Près de 200 cas attendus n'avaient donc pas été retrouvés dans la communauté. Mais en 2026, le retard semble encore plus marqué. Avec 378 cas recensés à la mi-septembre pour une cible de 1 100, la DRS veut accélérer la cadence. Les campagnes de proximité constituent ainsi l'un des leviers privilégiés pour atteindre les personnes qui restent en dehors du circuit de soins.
À en croire Dr Abiboulaye Sall, tous les districts de la région sont concernés par la communication. Mais deux zones retiennent particulièrement l'attention des autorités sanitaires : Saint-Louis et Richard-Toll. Ils sont considérés comme des districts à forte charge, avec une incidence de la tuberculose plus élevée que dans les autres districts. À Saint-Louis, Pikine et la Langue de Barbarie sont particulièrement ciblés par les opérations de sensibilisation.
Toutefois, pour ratisser large, la campagne s'est également étendue à la Maison d'arrêt et de correction de Saint-Louis. Les autorités carcérales ont autorisé les équipes sanitaires à y mener des activités de communication et de sensibilisation. Après Saint-Louis, la caravane mettra le cap sur le Walo, dans le district sanitaire de Richard-Toll.
Une nouvelle étape dans cette course contre la montre pour retrouver les cas, les traiter et, surtout, freiner la transmission de la tuberculose dans les communautés.
IBRAHIMA BOCAR SENE SAINT-LOUIS






