Publié le 6 Sep 2012 - 19:01
SUPPRESSION DE LA CHAMBRE HAUTE

Des sénateurs du PDS prêts pour un bras de fer

 

Ultra-majoritaires dans l'institution que le président de la République s'apprête à liquider, les libéraux ne veulent pas mourir en chantant, du moins certains d'entre eux.

 

Les assurances données par le président du Sénat, Pape Diop au président Macky Sall, sur le vote du projet de loi portant suppression du Sénat, sont loin d’engager tous les sénateurs. Réunis hier à la permanence Mamadou Lamine Badji, ces élus nommés du Parti démocratique sénégalais (PDS) comptent rejeter le projet de loi pour dénoncer le «manque de considération de Macky Sall» à leur endroit, selon leur propre expression. «C’est une question de principe, explique l'un d'eux, Charles Mendy, joint au téléphone par EnQuête. On aurait au moins pu nous convoquer pour discuter de la question Nous n’accepterons pas qu’on nous balaie d’un revers de main. Donc, nous allons dire niet !»

 

M. Mendy dit pourtant n’être pas contre la suppression du Sénat si tant est que «la raison qui la motive est de régler les souffrances des Sénégalais». Mais la sénatrice Maïmouna Niang n’est pas du même avis que son collègue. Selon des sources ayant pris part à cette rencontre, la responsable libérale de Goudomp a estimé qu’il ne sert à rien de s’opposer au projet de loi au risque de «se mettre à dos les populations». Son collègue Amadou Barry bondit alors de sa chaise et lui rappelle qu’«on est en politique» et que la «règle» voudrait qu’ils aillent «jusqu’au bout» de leur bras de fer contre le pouvoir. Un combat que ces sénateurs sont sûrs de remporter - pour la symbolique - devant une chambre haute qu’ils contrôlent. Le cas échéant, l’Assemblée nationale aura donc le dernier mot pour trancher définitivement le débat conformément à la Constitution.

 

Autre point soulevé au cours de ce huis clos, c’est le sort qui sera réservé aux employés du Sénat en cas de suppression de l’Institution. Le premier vice-président, Kansoumbaly Ndiaye, s’est demandé si ces travailleurs seront remerciés, reversés dans la fonction publique ou autrement gérés ? Mais, d'après nos informations, cette inquiétude de M. Ndiaye n’est pas fortuite car, sa propre fille, Aïssatou Ndiaye, commise au secrétariat du Sénat, ferait partie des victimes collatérales de la décision du président de la République. Si elle passe.

 

DAOUDA GBAYA

 

 

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