Le PM rappelle à l’ordre

Dans la foulée de la réintégration des neuf agents de la SN HLM, le Premier ministre Al Aminou Lo est monté au créneau pour rappeler à l'ordre les dirigeants du secteur parapublic en matière de gestion des ressources humaines. Il a annoncé une circulaire qui va permettre de veiller au respect strict de la réglementation en vigueur.
Al Aminou Lo veut-il mettre un terme aux licenciements anarchiques de travailleurs dans les entreprises publiques ? Depuis l'avènement de la troisième alternance, ce sont des milliers de travailleurs qui ont été licenciés souvent sans motifs valables. Certains ont d'ailleurs été en justice et ont eu gain de cause devant leur employeur.
Aujourd'hui, c'est plusieurs centaines de millions que l'État doit à des travailleurs suite à des condamnations pour licenciements abusifs et les contentieux sont loin d'être tous vidés. Le dernier en date, c'est l'affaire SN HLM qui a pu être désamorcée à temps, grâce à l'intervention personnelle du Premier ministre qui n'a pas manqué d'activer le Conseil d'administration de ladite boîte pour régler ce problème.
Al Aminou ne s'est pas limité à si bon chemin. Avant-hier, en Conseil des ministres, il a abordé à nouveau le dossier pour rappeler à l'ordre les uns et les autres. D'ailleurs, selon le communiqué de la réunion hebdomadaire du Gouvernement, une circulaire sera prochainement adressée aux ministres pour rappeler les exigences et procédures en matière de gestion des ressources humaines, surtout dans les entités placées sous leur tutelle.
« Ces décisions (prises par les organes exécutifs en matière de gestion des ressources humaines) devront se conformer aux lois et réglements en vigueur, en veillant en particulier au strict respect des procédures édictées par la législation du travail », met en garde le Premier ministre.
Une circulaire pour veiller au respect des règles
Pour les travailleurs, cette décision est la bienvenue. Malheureusement, elle ne prend en charge que l'avenir alors qu'aujourd'hui, ce sont des milliers de salariés qui galèrent à cause de ces licenciements abusifs. Le président du Rassemblement des travailleurs (RTS), Boubacar Fall, invite le gouvernement à penser aussi à ces derniers. « Nous avons accueilli avec beaucoup de satisfaction la circulaire annoncée par le Premier ministre, car il faut mettre définitivement un terme à ces pratiques moyenâgeuses », s'est-il félicité.
Cela dit, le travailleur licencié estime que le Gouvernement doit aller jusqu'au bout de la logique. « Nous invitons le Premier ministre à prendre en charge avec la même détermination la situation des travailleurs qui chôment depuis plus de deux ans à cause d'une circulaire de son prédécesseur, celle du 19 juin 2024 qui avait été le fondement textuel de plus de 30 000 licenciements », plaide Monsieur Fall, qui constate l'échec des travaux du comité qui avait été mis en place.
Les oubliés du gouvernement
En attendant la réintégration de ces premières vagues de licenciés, les représentants des travailleurs peuvent se féliciter de l'annulation de la décision portant licenciement de 09 cadres à la SN HLM. Dans un communiqué, le Collectif Interministériel des Agents de l'Administration Sénégalaise (CIAAS) exprime sa satisfaction et salue l'intervention du PM et du ministre Dianté : « Cette décision témoigne de la volonté du Gouvernement de régler définitivement la question des licenciements et de préserver un climat social apaisé. »
L'organisation se dit convaincue que c'est dans un dialogue permanent, sincère et responsable que les parties parviendront à des solutions durables, évitant ainsi toute forme de confrontation. Dans la même dynamique, le CIAAS demande au Gouvernement d'accélérer la réintégration des autres agents concernés (Port autonome de Dakar, Dakar Dem Dikk, Ministère des Mines et de la Géologie...), de prendre en charge également les autres licenciements non pris en compte dans le Pacte. Seraient concernés le Ministère de l'Urbanisme, le PUMA, le Programme Projet Entreprises du Ministère de la Formation professionnelle, la DER/FJ, etc.
Relativement à la circulaire annoncée en Conseil des ministres, le CIAAS estime que c'est une mesure qui répond pleinement aux attentes des organisations syndicales. « La prise en compte de ces préoccupations permettra de soulager de nombreuses familles sénégalaises aujourd'hui plongées dans la précarité et les difficultés. Le CIAAS réaffirme sa disponibilité à poursuivre le dialogue avec le Gouvernement pour l'intérêt des travailleurs et la stabilité de notre administration. »
Si globalement les acteurs saluent ce vent de règlement du passif en cours, il convient de rappeler que généralement cette situation est causée, en partie, par des recrutements politiques peu soucieux des capacités financières de l'Administration. Chaque régime qui arrive, voire chaque directeur qui arrive, a tendance à recruter ses propres militants, grevant ainsi la masse salariale dans les entreprises du secteur parapublic. Une situation que la nouvelle administration devrait aussi adresser à l'avenir.
PAR MOR AMAR






