Le PDS finalement “éjecté” de son siège des HLM

Le bras de fer autour du siège du Parti démocratique sénégalais (PDS) à Saint-Louis vient de franchir un nouveau cap. Samedi dernier, les libéraux ont été évacués de leur local des HLM par un huissier, accompagné d'éléments de la police. Mobilier et effets personnels ont été sortis du bâtiment et déposés à l'extérieur. Une scène qui sonne comme un sérieux revers pour les responsables locaux du parti.
Le ton était ferme. La détermination affichée, sans équivoque. Quelques semaines avant l'expulsion, les responsables des fédérations urbaine et rurale du PDS de Saint-Louis avaient réuni leurs troupes en assemblée générale extraordinaire. Sous la houlette de Djibril Sakho, secrétaire général de la fédération urbaine, le mot d'ordre était clair. Pour les libéraux, pas question de céder leur siège qu'ils considèrent comme un patrimoine politique du PDS.
Pour les militants du département de Saint-Louis, ce local est bien plus qu'un simple bâtiment. Il constitue, à leurs yeux, un patrimoine politique associé à l'histoire du PDS et à son fondateur, Me Abdoulaye Wade. D'où leur volonté de mener la bataille sur deux fronts : politique et juridique.
Le premier devait être porté par les structures locales du parti. Le second avait été confié aux avocats, chargés de défendre les intérêts du PDS dans le différend portant sur la propriété du bâtiment.
Mais samedi, le scénario redouté par les libéraux s'est produit. Un huissier, accompagné de policiers, s'est présenté sur les lieux pour procéder à l'évacuation. Les affaires trouvées dans le local ont été sorties et entassées devant le bâtiment. En quelques heures, le siège occupé par les libéraux s'est retrouvé vidé de ses occupants.
Cette expulsion intervient sur fond de conflit autour de la propriété du bâtiment R+1 situé aux HLM, à proximité de la Maison de Lille. Depuis plusieurs mois, les responsables du PDS dénoncent des tentatives de récupération de leur siège. De son côté, la propriété du bâtiment est revendiquée par la famille de Mansour Faye, maire de Saint-Louis.
Pour Djibril Sakho, le combat est loin d'être terminé. Surpris par l'intervention, le responsable libéral interpelle les autorités nationales et locales et réclame la préservation de ce qu'il considère comme un patrimoine politique de Saint-Louis.
Et maintenant ? Le front judiciaire ayant, à ce stade, débouché sur l'expulsion, les regards se tournent vers le front politique. Le PDS peut-il encore faire invalider la décision ? Jusqu'où les libéraux sont-ils prêts à aller pour récupérer leur siège ?
À Saint-Louis, le dossier est désormais plus qu'un simple contentieux immobilier. Il prend les allures d'un véritable bras de fer politique. Et le prochain round s'annonce décisif.
IBRAHIMA BOCAR SENE (SAINT-LOUIS)






