Les révélations d'une Lionne sur les lourdes difficultés logistiques du voyage

À l'approche d'une échéance internationale majeure au Mexique, l'équipe nationale féminine de basket du Sénégal fait face à d'importantes contraintes d'organisation. Entre billets manquants pour le staff médical, escales complexes sans visas de transit et tensions autour de la gestion des déplacements, une internationale sénégalaise témoigne sous le couvert de l'anonymat.
Des arriérés administratifs et un staff médical laissé sur le carreau
Le voyage vers le Mexique s'est rapidement transformé en un parcours du combattant pour les Lionnes de la Teranga. Alors que la compétition approche à grands pas, la gestion des déplacements par la Fédération sénégalaise de basket suscite une indignation légitime au sein du groupe. L'un des épisodes les plus marquants de ce périple concerne l'abandon d'un membre indispensable de l'encadrement technique à l'aéroport de Dakar.
« Pour le vol qu'on devait prendre à 14h40, on est venus pour embarquer et enregistrer les bagages, il s'avère qu'on ne lui avait même pas acheté de billet ! », s'insurge la joueuse. Pire encore, la fédération aurait trompé le technicien en lui fournissant un document non valide : « Ils lui ont envoyé un billet de groupe en lui disant "voilà ton billet" alors que rien n'était enregistré ». Résultats des courses : « Pas de billet pour le corps médical, mais des billets pour les fédéraux ! »
Cette impréparation entraîne des retards en chaîne qui pénalisent la préparation sportive. « La compétition commence lundi, et lui arrivera mercredi ! », déplore l'internationale. La situation affecte également d'autres membres du staff bloqués lors des escales : « Je suis bloquée au Maroc, je ne suis pas encore arrivée au Mexique à cause de fautes administratives ». Même l'acheminement final vers le site du tournoi reste incertain : « On ne sait pas encore si on doit aller jusqu'à Guadalajara, nous n'avons pas encore reçu ces billets ».
L'enfer des escales : tracasseries de visas et blocages de bagages
Au-delà des problèmes de billets, l'itinéraire choisi par les instances fédérales multiplie les obstacles administratifs. Faute de visas adéquats pour les pays de transit, la délégation se retrouve régulièrement piégée dans les aéroports d'escale, notamment lors de la traversée de l'Amérique du Sud.
« On passe par São Paulo au Brésil, ils disent que les bagages ne peuvent pas suivre jusqu'au Mexique parce qu'on n'a pas de visa brésilien ». Face à ce manque d'anticipation, les athlètes se voient contraintes de trouver des solutions de fortune en urgence : « Comme nous n'avons pas de visa pour São Paulo, nous n'avons pas le droit d'y récupérer des bagages. Il faut donc qu'on paye pour les bagages afin qu'ils puissent quitter São Paulo et aller à Mexico ».
Cette gestion au jour le jour crée un climat d'instabilité permanente tout au long du trajet : « On est encore obligés d'appeler le secrétaire pour qu'il gère ça et paye ce qu'il faut pour que les bagages arrivent au Mexique ». Un amer constat résumé par la joueuse : « Depuis qu'on est partis, jusqu'à maintenant, chaque aéroport où on arrive, on rencontre des problèmes ! »
Fatigue, maladie et défaillances structurelles
Sur le plan physique, l'accumulation des retards entame gravement l'état des joueuses : « Même pour acheter de la nourriture, il faut que tu réclames sans cesse de l'argent, ils nous laissent épuisés, anxieux ». L'impact sur l'organisme de la délégation se fait ressentir lourdement : « Là, tout le monde est malade : l'un vomit, l'autre a mal au ventre. La fatigue les achève ». Dans ces conditions, la performance sportive passe au second plan : « Avec toute cette fatigue, ils ne peuvent rien performer de bon ».
À cette usure physique s'ajoute le défi de la haute altitude : « Guadalajara est à 1 600 mètres d'altitude. L'adaptation respiratoire va prendre du temps pour certains, ils ne pourront pas s'adapter, et donc ils ne pourront pas performer ». L'internationale dénonce avec véhémence les priorités de l'instance dirigeante : « Des individus qui ne devraient pas venir sont là, et ceux qui devaient venir sont absents. Ils achètent des billets pour les vieux de la fédération mais pour le corps médical, aucun billet n'a été acheté ». Un cri du cœur qui met en lumière de graves défaillances structurelles.
MAMADOU DIOP






