Publié le 26 May 2026 - 13:30

Traite de personnes à Kédougou

 

L’Antenne régionale de Kédougou de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a déféré au parquet, vendredi 22 mai 2026, une ressortissante nigériane poursuivie pour association de malfaiteurs et traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle. L’affaire a débuté le 20 mai, lorsque les enquêteurs ont été informés de la présence de jeunes Nigérianes exploitées sexuellement dans le village de Sambrabougou, dans la région de Kédougou. Alertés, les agents du Bureau d’interpellations, de filatures et de surveillance (Bifs) ont rapidement lancé une opération sur le terrain.

La descente menée au domicile de la suspecte a permis son interpellation ainsi que celle de trois jeunes femmes présentées comme des victimes du réseau. Entendues par les enquêteurs, ces dernières ont affirmé avoir été amenées au Sénégal par leur compatriote, avant d’être contraintes à se prostituer pour rembourser une « dette de voyage » fixée à 1 500 000 francs CFA chacune.

...Selon les éléments de l’enquête, la mise en cause avait instauré un système destiné à encaisser régulièrement les revenus issus de cette exploitation : chaque victime devait lui remettre individuellement 50 000 francs CFA tous les cinq jours. Deux d’entre elles avaient déjà versé 700 000 francs CFA chacune, tandis que la troisième venait de solder la totalité de sa dette. Confrontée aux faits, la suspecte a reconnu les accusations portées contre elle.

Elle a également révélé l’existence d’un réseau transfrontalier organisé pour acheminer des jeunes filles depuis le Nigeria, via le Bénin et le Mali, avec l’appui de complices chargés de fournir de faux documents de voyage. Les investigations ont établi que les victimes avaient d’abord été retenues pendant un mois au Mali avant d’être conduites à Khossanto, puis à Sambrabougou, où elles ont finalement été exploitées. La mise en cause a aussi reconnu avoir transféré une partie des revenus tirés de cette activité à sa famille restée au Nigeria.

À l’issue de l’enquête, la suspecte a été présentée vendredi au procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Kédougou puis placée sous mandat de dépôt. Les trois jeunes femmes ont, pour leur part, été confiées à une organisation non gouvernementale en vue de leur prise en charge et de leur accompagnement.

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