Macky Sall alerte sur les dérives de la presse en ligne
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En Conseil des ministres tenu hier au palais, le président de la République a rappelé la nécessité de se ressaisir dans le domaine de la presse en ligne. Signer le décret d’application du Code de la presse pourrait toutefois poser un acte plus concret.
Les dérives constatées dernièrement dans la presse en ligne ont eu des échos jusqu’au palais de la République. Secteur en pleine expansion, accessible à tous sans aucune régulation notable, la presse en ligne attire toutes sortes de pseudo-journalistes, capables de se payer une connexion Internet, un micro et un appareil capable de prendre des images. De cette situation est née une anarchie dont les dérives n’épargnent aucun secteur de la société, avec la libéralisation de l’information à outrance. Des infox aux pratiques qui bafouent les règles d’éthique et de déontologie, le secteur souffre d’un manque criard de régulation et de sanctions. Une anomalie sur laquelle a insisté hier le chef de l’Etat en Conseil des ministres.
Macky Sall a relevé ‘’la nécessité d’une régulation systématique des sites d’informations qui, si on n’y prend garde, risquent de porter fortement atteinte à la cohésion nationale, à l’image de l’Etat ainsi qu’à l’ordre public’’. Une mission que le président de la République a confiée au ministre de la Culture et de la Communication, en relation avec le CNRA (Conseil national de régulation de l’audiovisuel) et qui consiste à renforcer la sensibilisation des acteurs de la presse en ligne et de veiller au traitement professionnel de l’information, conformément aux dispositions du Code de la presse.
Malgré une adoption par l’Assemblée nationale depuis 2017, les journalistes courent derrière le décret d’application du Code de la presse que le président de la République tarde à signer. La Commission nationale de délivrance des cartes de presse n’a toujours pas produit ces papiers qui permettraient de mettre un peu d’ordre dans une presse sujette à toutes sortes d’incursions.
Le président de la République s’est également prononcé sur la fin d’année, en souhaitant un joyeux Noël à la communauté chrétienne. Cette fête sera célébrée dans le contexte spécial de la pandémie de coronavirus. Macky Sall a demandé au gouvernement, en parfaite concertation avec le clergé catholique, ‘’de prendre toutes les mesures d’accompagnement et de soutien nécessaires, en vue du bon déroulement des célébrations de Noël sur l’ensemble du territoire national’’.
Toutefois, le président de la République rappelle l’impératif de réduire au strict minimum les déplacements, réunions et rassemblements, en faisant toujours observer la distanciation physique, le respect strict des gestes barrières et du port obligatoire du masque. La deuxième vague de contamination qui s’est installée depuis quelques jours, a poussé les autorités à interdire les manifestations en cette fin d’année.
Hier, le commissaire Mohamed Guèye, Directeur des Relations publiques de la police nationale, lors d’une rencontre avec la presse, a rappelé les mesures qui, malgré les contestations des artistes et des sportifs, n’ont pas été revues avec plus de souplesse : ‘’Pour la fin d’année et les fêtes, nous sommes tenus par l'arrêté du ministre de l’Intérieur qui est très clair sur l’interdiction de rassemblements et sur le port obligatoire du masque dans certains lieux.’’
Transparence dans les industries extractives
Le Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives du Sénégal (CN-ITIE) a rendu public, ce jeudi, son 7e rapport portant sur les données fiscales de l’année 2019. Les revenus générés par le secteur extractif sont estimés à 161 milliards F CFA contre 122 milliards en 2018. Les recettes budgétaires sont évaluées à 147 milliards F CFA dont 127 milliards du secteur minier et 20 milliards du secteur des hydrocarbures.
Abordant cette question, le président de la République s’est félicité de cette publication tout en rappelant au gouvernement son attachement permanent à la transparence dans la gouvernance des ressources minières, pétrolières et gazières du Sénégal, à travers les évaluations (nationales et internationales) régulières et indépendantes.
Macky Sall a, dès lors, demandé au gouvernement de mettre en œuvre les recommandations du rapport 2019 de l’ITIE, ainsi que l’application des réformes législatives et réglementaires dans les secteurs miniers, pétroliers et gaziers, ce qui permettra au Sénégal d’effectuer avec succès sa seconde validation internationale en mai 2021.
Toujours dans le secteur de l’industrie extractive, le président de la République a insisté sur l’application effective et intégrale de la loi sur le contenu local dans le secteur des hydrocarbures. Mais également sur la nécessité de développer la responsabilité sociétale d’entreprise (RSE) des entreprises minières, pétrolières, gazières et celles évoluant dans le secteur des pêches et de l’économie maritime. A Ndiadiaga, où un puits de gaz brûle encore depuis ce weekend, cette RSE est largement décriée par les populations locales.
Rendant compte d’une visite, ce 18 décembre, d’une délégation représentative du Caucus des femmes leaders, le président de la République en a profité pour exhorter le gouvernement à accentuer l’autonomisation économique des femmes, par la mobilisation des dispositifs d’encadrement et de financement souples et efficaces. Un des moyens d’y parvenir est d’actualiser la Stratégie nationale d’équité et d’égalité de genre que Macky Sall a demandé au ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants.
Lamine Diouf