Publié le 6 Dec 2018 - 22:47
VIOLENCES BASEES SUR LE GENRE

Une enquête nationale, chaque année 

 

En vue de faire face aux violences basées sur le genre, particulièrement sur les jeunes filles, une enquête nationale sera menée tous les ans pour recenser les victimes et les prendre en charge. Le ministre de la Femme et de la Famille l’a annoncé hier, lors du vote du budget de son département.

 

Le Sénégal est décidé à prendre à bras le corps la question des violences basées sur le genre. Un fléau qui inquiète les députés préoccupés surtout par la récurrence du phénomène, en particulier l’excision ainsi que les viols et les mariages précoces qui hypothèquent l’éducation de certaines jeunes filles.

Face à cette situation, un recensement national sera effectué tous les ans, afin de mieux prendre en charge les victimes. Selon le ministre de la Femme qui défendait son budget, cette enquête nationale sera menée et publiée tous les ans. Dans le même ordre d’idées, le ministre Ndèye Saly Diop Dieng a fait savoir qu’un travail est en train d’être effectué par son collègue de l’Education nationale pour un recensement des élèves victimes, dans la mesure où les violences à l’école sont devenues inquiétantes.

Ces dernières seront appuyées et suivies afin qu’elles puissent poursuivre leurs études. En outre, le ministre a déploré le silence complice de la société face aux ‘’actes d’une grande ignominie’’ que constituent les violences faites aux femmes et aux filles. ‘’L’absence de culture de la dénonciation sous le sceau de la «souteureu» engendre beaucoup de drames dans les familles’’, a fulminé le ministre en soulignant que 68 % de victimes ont opté pour le silence. C’est pourquoi elle plaide pour une campagne de sensibilisation, dès lors que le phénomène persiste, malgré l’arsenal juridique et les conventions signées par le Sénégal en matière de protection des femmes.

 ‘’Il ne suffit pas de signer, mais il faut des actions de sensibilisation et de vulgarisation, parce que ce sont des thématiques qu’on ne peut pas faire disparaitre du jour au lendemain’’, a déclaré le ministre. Avant d’ajouter : ‘’Il faut amener les familles à comprendre que la sécurisation de leurs filles, c’est de ne pas les donner en mariage précoce et éviter les viols, surtout incestueux. C’est ce plaidoyer que les femmes doivent porter ainsi que les enseignants.’’

Relever l’âge du mariage des filles de 16 à 18 ans

Quoi qu’il en soit, les parlementaires s’inquiètent. Face à la récurrence de ce fléau, Mously Diakhaté a estimé qu’il faut des mesures et revoir surtout l’âge du mariage. Elle propose que l’âge soit relevé à 18 ans, plutôt qu’à 16 ans, pour s’aligner aux conventions. Sa collègue Adji Mbergane Kanouté a proposé de porter un plaidoyer pour introduire dans le programme du ministère de l’Education la question de l’information, de la conscientisation des jeunes filles par rapport aux risques qu’elles encourent et pour qu’elles puissent savoir vers qui se tourner en cas d’abus sexuel. Pour elle, c’est la meilleure réponse à apporter au rapport de Human Right Watch qui veut l’introduction de l’éducation sexuelle à l’école.

Pour 2019, le budget a connu une augmentation. De 12 128 582 800 F Cfa, il est passé à 12 687 200 143 F Cfa, soit une hausse de 558 617 343 F Cfa en valeur absolue et 4,61 % en valeur relative. Malgré cette majoration, certains députés jugent le montant alloué à ce département insuffisant, au regard de l’importance de ce ministère. Mais surtout des financements qui doivent être alloués aux femmes. Justement, par rapport à ces financements, des députés, de l’opposition tout comme de la majorité, ont dénoncé des disparités, mais surtout un parti pris dans la répartition.

Partialité dans l’octroi des financements aux femmes

Le ministre a balayé d’un revers de main les incriminations. Ndèye Saly Diop Dieng a laissé entendre que le gouvernement a fait des efforts en octroyant des financements à hauteur de 2 millions F Cfa à certaines femmes. Sur les accusations de partialité en faveur des femmes de l’Apr, le ministre a répliqué qu’elle ne connait pas les bénéficiaires. ‘’Nous sommes transparents et nous sommes en train de tout faire pour que toutes les femmes en bénéficient’’, a-t-elle répliqué, avant de lancer à celles qui lui reprochaient son manque d’ouverture : ‘’On ne peut pas me reprocher de ne pas être là pour les femmes, car je le faisais avant d’être ministre. Je ne suis pas là pour répondre à des questions personnelles.’’

FATOU SY

 

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