L’Etat prévoit une hausse des indemnités pour les volontaires du Service civique national et les ASP
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L’Assemblée nationale a voté, hier, à l’unanimité, le projet de loi d’orientation n°14/2021 relatif au volontariat. Cette loi d’orientation vise à revoir le cadre juridique et institutionnel du volontariat et du Service civique national. A l’occasion de cette séance plénière, la ministre de la Jeunesse a annoncé une hausse des indemnités pour les volontaires du Service civique national et les agents de sécurité de proximité (ASP).
L’Assemblée nationale a adopté, hier, à l’unanimité, le projet de loi d’orientation n°14/2021 relatif au volontariat. Cette loi d’orientation vise à revoir le cadre juridique et institutionnel du volontariat et du service civique national. Ainsi, elle va permettre l’ancrage institutionnel du volontariat au sein du ministère de la Jeunesse. Dans cette optique, cette nouvelle loi entend promouvoir le volontariat comme outil d’amélioration, de renforcement de l’employabilité des jeunes.
A l’ouverture des débats, les députés ont soulevé un certain nombre d’interrogations liées au sort des volontaires démobilisés ou en fin de contrat. D’après la députée Marie Sow Ndiaye, des programmes efficients doivent être mis en place pour favoriser leur insertion dans le tissu socioéconomique, après la fin de leur contrat de volontaires.
‘’Il ne sert à rien de former des jeunes dans le cadre du volontariat et ensuite de les abandonner à leur sort. En effet, dans le cadre du développement de la santé communautaire, on peut intégrer les volontaires de la Croix-Rouge qui ont reçu un diplôme de secours dans les services de santé en manque de personnel’’, affirme-t-elle.
De son côté, le député Théodore Monteil a souligné les risques d’amalgames entre volontariat et travail. ‘’Il ne faut pas confondre volontariat et travail. Nous demandons au ministère d’éclairer la lanterne des jeunes sur cette question, car les gens doivent savoir que faire du volontariat n’est pas un métier. C’est un engagement pour la communauté nationale. Donc, si on fait croire aux jeunes que ce volontariat va aboutir à un travail, on va vers le mur’’, a-t-il indiqué.
D’autres parlementaires ont aussi soulevé les problèmes d’éligibilité des candidats au volontariat qui ont fait l’objet d’une condamnation pénale et ayant perdu leurs droits civiques et politiques.
Prenant la parole, la ministre de la Jeunesse, Néné Fatoumata Tall, a salué le vote de cette loi qui va permettre d’associer les volontaires à tous les programmes du ministère de la Jeunesse chargés de l’entreprenariat et de l’agriculture avec le Prodac.
En outre, cette loi va assurer une meilleure promotion économique des jeunes et la mise sur pied d’une Direction générale du volontariat et du service civique national. ‘’Cette loi va nous permettre la mise en place d’une Direction générale du volontariat et du service civique national qui regroupe le volontariat et le service civique national. Par ailleurs, des conseillers en emploi sont en train d’être recrutés par l’ANPEJ pour renforcer les programmes d’emploi des jeunes’’, a-t-elle déclaré.
Poursuivant son propos, elle a annoncé une hausse des indemnités des volontaires et des agents à la sécurité de proximité (ASP). ‘’On est en train de recruter 1 000 volontaires, dans le cadre du service civique national. Les recrues seront âgées entre 15 et 35 ans. Un quota sera attribué à tous les départements, du fait de la terroriatolisation des politiques publiques. Les volontaires percevaient 30 000 F CFA comme indemnités. Aujourd’hui, le montant a été réévalué à 80 000 F CFA. C’est une hausse considérable. En dehors des volontaires du service civique national, les ASP verront aussi leurs pécules à la hausse’’, a souligné la ministre.
La ministre de Jeunesse a aussi précisé que les volontaires démobilisés seront favorisés, du fait de l’expérience acquise, concernant le recrutement de 65 000 jeunes du programme ‘’Xeyu Ndaw Gni’’.
S’agissant des critères d’éligibilité des candidats au volontariat qui ont perdu leurs droits civiques et politiques, le ministre se veut clair : ‘’Les personnes qui ont perdu leur droits civiques et politiques à la suite d’une condamnation ont droit à une seconde chance. Mais le volontaire est un homme polyvalent qui va partout dans le pays. Pour le moment, le choix qui y a été fait est de ne pas y inclure les personnes qui ont perdu leurs droits civiques et politiques. Il n’y a pas que le volontariat pour réinsérer les jeunes qui ont eu affaire avec la justice’’, affirme-t-elle.
Makhfouz Ngom