Publié le 14 Sep 2013 - 15:40
ENTRE SOGAS ET BOUCHERS

Le poids des poches, le choix des clients 

 

 

Entre ceux qui préfèrent se ravitailler chez les bouchers «clandestins» du parc des ruminants et les autres abonnés à la «sécurité» et à «l'hygiène» de la Sogas, tout semble être une question de pouvoir d'achat...

 

Niché dans la commune d’arrondissement de Dalifort, département de Pikine, le parc des ruminants plus connu sous le nom de SERAS, est un lieu très prisé des férus de la viande de bœuf à Dakar. En cette matinée de lundi, caractérisée par l'alternance entre un ciel menaçant et des rayons de soleil sévères, les clients se font rares.

A l’entrée, des eaux noirâtres et/ou boueuses et des tas d’immondices vous accueillent. Au moment ou les travailleurs se vaquent à leurs occupations, bottes ou simples sandales en plastique aux  pieds, les visiteurs, eux, doivent marcher sur la pointe des pieds pour s'en sortir. Il faut être un vrai professionnel de la gymnastique pour échapper aux flaques d'eau qui dégagent de bien nauséabondes odeurs. On peine à échapper aux vendeurs et rabatteurs déchaînés contre les rares clients.

Les normes d'hygiène les plus élémentaires sont bafouées. A côté des vendeurs de soupe, de ‘’forox caaya’’, brochettes, sur des dizaines d'étals, sont posés des tas de viande de bœuf, de chèvre, de mouton, des têtes de bêtes des morceaux de foie, etc. Accrochés à la surface de la viande qui finit par être transformée en une énorme boule noirâtre, mouches et moustiques semblent décidés à prolonger leur festin, entre deux clients, quand le boucher consent à les expulser de manière débonnaire, mollement. Comme pour satisfaire l'acheteur.

‘’C’est plus facile à accéder et le prix y est plus abordable’’

En réalité, il y a des clients qui ne sont nullement dérangés par ces images. Comme cette personne d'un âge avancé dont la préoccupation première est d'ordre pécuniaire. «Je me ravitaille auprès de ces gens car vu mon âge, l'accès est plus facile», dit-elle. «En plus, il y a moins de personnes, contrairement à l’intérieur de la Seras où on peine vraiment à se ravitailler, surtout nous qui sommes des personnes du troisième âge'', explique-t-elle, rictus de fatigue à la bouche.» Tout de même, cette mamie tient à clarifier ses choix, ''ici, le prix est plus abordable qu'à l'intérieur''.

Aïssatou Bâ, repérée alors qu'elle marchande avec un vendeur, voit les choses d'une autre façon. «J’ai l’habitude de me ravitailler chez les bouchers, mais je peux vous certifier qu’il n’y a pas d’abattage clandestin dans cette zone. Je viens acheter de la viande ici car mes clients s'y trouvent et ils me font des baisses sur le prix à chaque fois que c’est possible», explique-t-elle. Abdoulaye Faye, lui, évoque l'indifférence. «Je me ravitaille où je veux, tout dépend de ce que je trouve sur place», souligne-t-il. Chez lui aussi, la loi du portefeuille dicte le comportement. 

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