FELWINE SARR, ÉCONOMISTE, À PROPOS DU PLAN SÉNÉGAL ÉMERGENT
''Nous devons nous affranchir des concepts qui viennent d'ailleurs''
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Docteur en économie, Felwine Sarr considère que les objectifs que s'est fixés le Plan Sénégal émergent demeurent une étape insuffisante. Dans le cadre des ''Samedis de l'économie'', il a soutenu que le développement se construit autour d'une réflexion endogène.
Le pronostic des économistes ne va généralement pas en faveur du Plan Sénégal émergent (PSE). Selon l'économiste Felwine Sarr ce plan peut fonctionner conne une utopie mobilisatrice. C'est-à-dire un concept autour duquel on mobilise des énergies avec des objectifs bien précis. Mais ''il eût fallu que nous définissions une terminologie sur quel type de Sénégal nous voulons avoir'', a soutenu l'économiste.
Même s'il reconnaît au PSE un désir de vouloir créer des richesses et celui de chercher à améliorer les conditions de vie des populations, il a laissé entendre que cela reste une étape insuffisante. ''Nous ne sommes pas affranchis des concepts qui viennent d'ailleurs. Si on remarque bien, il y aura un effort de traduction de concept, il faudra le faire approprier et l'expliquer à tout le monde'', a expliqué l'économiste.
Qui s'exprimait au cours du forum ''les Samedis de l'économie'' qui avait pour thème ''Développement économique : penser le concept''. À ce sujet, il a expliqué que les sociétés ont de tout temps cherché à progresser vers des états qu'elles jugeaient souhaitables et que le concept de développement tel qu'il est servi est né dans une histoire bien précise. ''Il n'est qu'une des formes que l'histoire a livrées pour répondre aux besoins des sociétés.
Lorsqu'on réfléchit sur ce concept et qu'on essaie de le déconstruire, c'est pour dire qu'il n'est pas neutre ou universel'', a indiqué l'économiste. Poursuivant ses explications, Felwine Sarr dira que ''même si les besoins biologiques ou l'amélioration de la qualité des infrastructures peuvent être universels, le contenu peut être plus riche ou plus diversifié. Dès lors, ''Il doit répondre à des aspirations diverses ou celles que des groupes sociaux ont valorisé différemment''.
En outre, il affirme qu'en valorisant des éléments culturels et spirituels, on peut avoir un modèle de société dans lequel ''on estime que la fin n'est pas d'avoir un produit national brut extraordinaire''. Et d'ajouter : ''certes, il faut répondre aux problématiques économiques, biologiques, mais on peut valoriser d'autres éléments et choisir notre propre modèle de société''. Une idée qu'il a développée durant toute la conférence pour expliquer la notion de déconstruction du concept de développement.
ANTOINE DE PADOU
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