Publié le 9 Jul 2014 - 23:40
10 ANS DE TRAVAUX FORCES POUR TRAFIC DE CHANVRE INDIEN

Le commerçant a tenté de s’évader en prison 

 

La Cour d’assises de Dakar a condamné hier Mor Dia à 10 ans de travaux forcés pour trafic de drogue et à six mois pour tentative d’évasion. Le commerçant va également payer une amende de 2 888 000 CFA.

 

Mor Dia a eu beau clamer son innocence, il a été condamné à 10 ans de travaux forcés pour trafic de chanvre indien. Commerçant de son état, il se rendait au Mali pour se procurer des tissus qu’il venait revendre à Thiès, sa ville natale. Au fil du temps, il finit par associer le trafic de chanvre à son commerce. La chose finit par atterrir dans les oreilles des éléments de police de Thiès.

Le jour de son arrestation, ces derniers avaient reçu de sources sûres l’information selon laquelle Mor Dia, qui venait de quitter Thiès pour Dakar, avait en sa possession de la drogue. Arrivé à hauteur de Keur-Massar, il a été interpellé par les hommes en tenue. Dans la malle arrière du taxi, ils ont découvert 11 briques de chanvre indien. Une perquisition à son domicile a permis de découvrir un autre paquet de chanvre indien minutieusement caché dans la chambre de son frère, en voyage à l’étranger. Lorsque les gendarmes ont voulu savoir pourquoi il s’était lancé dans ce commerce illicite, il avait prétendu que sa femme enceinte devait accoucher et qu’il n’avait pas les moyens d’organiser un baptême.

«Je ne vends pas de la drogue, je ne fume même pas de la cigarette», a déclaré hier Mor Dia d’une voix calme. «Ce sac, a-t-il ajouté, on me l’a remis au Mali et je venais le rendre à son propriétaire à Dakar. Si je savais que c’était de la drogue, je n’allais pas accepter de le transporter. Je croyais que c’était des tissus». Le chauffeur de taxi Serigne Babacar Djité, arrêté en même temps que le commerçant, avait fait dix mois en prison, avant d’être libéré. Venu témoigner, il a confié au juge qu’il ne savait pas que son client détenait de la drogue, lorsqu’il l’a embarqué.

«J’étais presque fou, j’ai voulu me suicider»

En prison, Mor Dia a voulu s’évader, selon les autorités pénitentiaires. Devant la barre, il a soutenu qu’il s’agissait plutôt d’une tentative de suicide ratée, car la barre de fer sur laquelle il s’était accroché s’était cassée. «Mon séjour carcéral m’a trop marqué. Les conditions de détention étaient difficiles, en plus, ma femme était venue me demander le divorce, alors que notre fille ainée venait à peine de naître». Le commerçant de dire : «j’ai voulu me pendre. Si je voulais m’évader, j’allais le faire à l’extérieur de la prison, car on a l’habitude de sortir pour des travaux». Il a regretté ce geste. «Je sais que dans le Coran, il est interdit de se suicider. Je le regrette amèrement».

Son récit n’a pas convaincu l’Avocat général qui croit dur comme fer que le commerçant a voulu s’évader. «Ne nous prenez pas pour des demeurés. Vos mensonges ne tiennent pas», lui a-t-il dit. Dans son réquisitoire, il a indiqué que l’accusé n’est pas un délinquant primaire, mais un récidiviste, car il a été dénoncé. Soulignant que l’accusé a été arrêté dans le feu de l’action, Ibrahima Bakhoum a requis une peine 10 ans de travaux forcés pour trafic de chanvre indien. Concernant la tentative d’évasion, il a requis un an ferme.

Me Abou Dialy Kane, l’avocat de la défense, a tout fait pour tirer son client d’affaire. ‘’Il a détenu de la drogue sans le savoir. C’est ça la vérité. Le trafic de chanvre indien, à mon sens, n’est pas consubstantiel simplement à la détention», a-t-il plaidé. Il a ainsi sollicité auprès de la Cour, l’acquittement de son client. Concernant la tentative d’évasion, la robe noire a demandé une application bienveillante de la loi. Au finish, le commerçant a été condamné à dix ans de travaux forcés.  

NDEYE AWA BEYE

 

 

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