Publié le 18 Jan 2015 - 19:07
MANQUE D’INFRASTRUCTURES, INONDATIONS, ENCLAVEMENT…

Darou Salam 6, un village dans la banlieue 

 

Darou Salam 6, un quartier de Médinatoul Mounawara, dans la commune de Yeumbeul Nord, vit dans une extrême pauvreté. La localité manque de tout. EnQuête y a fait un tour. Reportage.

 

vAu cœur de la commune de Yeumbeul Nord, à Ben Barack, se trouve le quartier Darou Salam 6. Y accéder est un véritable parcours du combattant, à cause de son enclavement. Une fois sur les lieux, après un voyage mouvementé, le visiteur est interpellé par la vétusté des demeures et la kyrielle de pompes diambars. Ici, tout le monde se connaît. Et pourtant, Darou Salam 6 est un quartier qui polarise des centaines de maisons. Il compte environ 5 000 âmes et existe depuis 1984, date de sa création.

Située en banlieue dakaroise, tout ici rappelle le quotidien d’un village. Hormis l’enclavement, les infrastructures sociales de base font défaut. Il n’y a pas de poste de santé, ni d’école. L’éclairage public fait défaut. Les rares maisons électrifiées composent avec une baisse quotidienne de tension. ‘’Nous manquons de beaucoup de choses. Nous n’avons pas de case de santé, encore moins de maternité. L’électricité et l’eau, n’en parlons même pas.

C’est comme si nous ne faisions pas partie de la capitale du Sénégal’’, s’étrangle Issa Ba, un délégué de quartier. Servant de guide, le vieux explique la hantise annuelle des inondations, avec leur lot de conséquences et la non-assistance des autorités. La notion de sécurité leur est inconnue. Il souligne le nombre impressionnant de cas d’agression, pendant la nuit. ‘’A 20 h, chacun se terre chez lui’’, fulmine le vieux.

« Ma femme a perdu son enfant… »

Les femmes aussi souffrent au quotidien. ‘’Il n’y a qu’un seul marché pour plus de 5 000 personnes. Des femmes font des kilomètres pour aller se ravitailler. Ce n’est pas normal qu’il y ait un seul marché dans toute la zone, alors qu’il y a de l’espace pour abriter d’autres marchés’’, se désole mère Yama, une habitante du quartier. Et pourtant, le cauchemar de ces dames ne s’en arrête pas là. Les femmes  enceintes sont obligées de faire des kilomètres, à travers des routes exécrables, au moment de l’accouchement.

‘’Les femmes qui accouchent le font souvent à Malika ou à Yeumbeul. Elles sont transportées à bord des clandos, avec l’état désastreux des routes. Souvent, on enregistre des femmes enceintes qui décèdent en cours de route. De même, il y en a qui ont réussi à avoir un enfant, mais qui ont perdu la vie en cours de route, à cause de l’éloignement des infrastructures sanitaires’’, explique Mami, comme on l’appelle dans le coin. Ce genre d’exemples, des hommes l’ont vécu. ‘’J’ai vécu cela. Ma femme a une fois perdu son enfant, alors que je tentais de la sauver du côté de l’hôpital. Tout cela à cause d’un manque criard d’infrastructures sanitaires’’, raconte le vieux Issa Ba.

‘’Les autorités ont toutes les doléances dans leurs tiroirs’’

Ici, les populations résignées attendent une hypothétique aide des autorités qui ne leur rendent visite qu’en période de campagne électorale. ‘’Nous demandons de l’aide auprès de l’Etat et de la considération, car on ne la ressent pas. On nous a offert un terrain pour y construire un poste de santé. La balle est dans le camp des autorités ». Le vieux Ba en profite pour vider sa bile sur les politiques « aux abonnés absents ». « Dès qu’ils sont élus, on ne les voit plus », regrette-t-il.

Les jeunes, gagnés par le chômage, se posent également des questions. ‘’Nous ne travaillons pas. Il n’y a pas d’infrastructures sportives. Les femmes ne disposent pas de financements », fulmine ce jeune qui souligne que leur patience a des limites. 

CHEIKH THIAM

 

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