PIROGUE HEURTÉE PAR LA MARINE NATIONALE
Le capitaine du patrouilleur et son équipage déjà auditionnés
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L’enquête dans le cadre de l’affaire de la pirogue heurtée par le patrouilleur ‘’Sangomar’’ de la marine, la nuit du 24 octobre, avance. Le capitaine ainsi que son équipage ont déjà été auditionnés par la Légion Ouest de la gendarmerie, avec le soutien de la SR et de la SEGN. La hiérarchie est déterminée à faire la lumière sur ce drame.
C’est dans une totale discrétion que la gendarmerie mène l’enquête sur le drame en mer causé par le choc entre une pirogue remplie de candidats à l’émigration irrégulière et le patrouilleur ‘’Sangomar’’ de la marine nationale. Dans cette affaire qui continue de faire des vagues, une vingtaine de morts a été dénombrée. Et les témoignages glaçants des rescapés ont fait les choux gras de la presse.
Loin de la polémique née de ce drame, les hautes autorités militaires ont décidé de confier l’enquête à la Légion Ouest de la gendarmerie. Depuis, on assiste à un ballet de marins du côté de Colobane. Mieux, informent nos sources, le capitaine du patrouilleur, ainsi que son équipage ont fait l’objet d’audition.
L’enquête continue son bonhomme de chemin avec de probables autres auditions du côté des marins. Il sera question, renseignent nos interlocuteurs, de situer les responsabilités des uns et des autres, et de sanctionner, en cas de preuves de culpabilité, les fautifs.
En outre, informent nos sources, puisqu’il s’agit d’une affaire militaire, il fallait qu’on déclenche la procédure de cette façon. Ainsi, il a été jugé nécessaire de confier l’enquête à la Légion Ouest de la gendarmerie. Sauf qu’elle n’est pas seule dans cette tâche immense. Elle est secondée par les enquêteurs de la Section de l’environnement de la gendarmerie nationale (SEGN) et la Section de recherches (SR) de la gendarmerie de Colobane. D’ailleurs, c’est dans les locaux de cette dernière entité que toutes les auditions ont eu lieu, précisent nos sources.
‘’L’enquête ira jusqu’au bout, histoire de mettre la main sur les fautifs, s’il y en a. Les responsabilités seront situées et les fautifs seront sanctionnés. On ne saurait passer sur cette affaire, car il s’agit de morts d’homme. Donc, il fallait que la lumière puisse être faite sur cette affaire. Les conclusions seront remises à qui de droit pour la suite pénale, en cas de fautifs. Ce qui est sûr, c’est que toutes les personnes concernées feront l’objet d’audition’’, confie-t-on.
Le dimanche 25 octobre, à l’aube, une patrouille avait été organisée par la marine pour intercepter une embarcation remplie de migrants. Cette patrouille d'interception avait été menée conjointement par la Guardia Civile espagnole et la marine nationale sénégalaise, en zone maritime Centre. Lors de cette opération, la vedette de la marine dénommée "Sangomar" avait heurté brutalement la pirogue transportant des migrants clandestins et dont le capitaine refusait d'obéir aux injonctions de s'arrêter. Une vingtaine de personnes ont péri au cours de l'accident.
Les rescapés, au nombre total de 41 dont 2 femmes, avaient été remis aux limiers de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), une entité de la Direction de la police de l’air et des frontières (DPAF). ‘’Le bateau a complétement coulé, après l’accident, vu l’ampleur du choc. Ils ont pris départ à Soumbédioune. Elle n’était pas pleine. Tout laisserait croire qu’il y avait une centaine de passagers. Plus d’une vingtaine ont disparu’’, soufflaient plusieurs sources.
CHEIKH THIAM
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