hausse le ton et décrète 72 heures de ‘’journées sans tickets-resto’’

Après quelques semaines d'accalmie, la tension monte de nouveau à l'université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB). La Coordination des étudiants de Saint-Louis a décrété 72 heures de cessation de toute activité pédagogique et trois journées sans tickets dans les restaurants universitaires. Les étudiants de Sanar manifestent ainsi leur désaccord face aux décisions prises par le ministre de l'Enseignement supérieur dans l'octroi de bourses aux étudiants sélectionnés au Master.
En assemblée générale hier à l'université Gaston Berger (UGB), la Coordination des étudiants de Saint-Louis (CESL) n'a pas été tendre avec le ministre de l'Enseignement supérieur Cheikh Oumar Hann. Les étudiants ont dénoncé avec la dernière énergie les nouvelles mesures arrêtées par ce dernier, dans l'octroi de bourses aux étudiants admis à faire le Master.
D’après le président de séance de la CESL, le ministre de l'Enseignement supérieur persiste dans l'erreur, en prenant des décisions impopulaires et irréfléchies qu’il veut imposer aux universités du Sénégal. "L'octroi de la bourse est basé sur des critères de mérite et d'excellence. Pour être sélectionné en Master, il faut être performant et obtenir la moyenne pour passer. Dans ce cas, comment peut-on expliquer la décision du ministre Cheikh Oumar Hann d'octroyer des bourses à quelques étudiants du Master seulement et laisser d'autres en rade, au moment où nos camarades remplissent tous les critères de mérite et de performance pour en bénéficier ?", s'est interrogé Sambarou Kandé.
De plus, a-t-il rappelé, beaucoup d'étudiants comptent sur cette bourse pour pouvoir mener leurs recherches en Master. " C'est pourquoi, depuis le début, en tant que structure responsable, nous avons alerté sur la dangerosité d'une telle décision. Malheureusement, au lieu de dialoguer avec toutes les composantes concernées, le ministre a opté pour le silence radio, en refusant de se prononcer sur la question. Raison pour laquelle en guise de riposte, la CESL a décrété 72 heures de ‘’journées sans tickets’’ et de cessation de toute activité pédagogique", a martelé Sambarou Kandé.
Pour le président de séance de la CESL, le ministre de l'Enseignement supérieur a assez posé d'actes irréfléchis allant dans le sens de la déstabilisation des universités. "La coordination a dépassé le temps de la parole. Qu'il pose des jalons concrets pour rectifier ses folies. Nous lui donnons un ultimatum d'une semaine pour revenir sur cette mesure impopulaire. Sans quoi, il sera considéré comme responsable de tout ce qui arrivera dans les universités. Nous lui rappelons aussi que c'est pour des raisons de bourse que notre camarade feu Fallou Sène a été abattu froidement à l'UGB", a déclaré le président de séance de la CESL.
Ibrahima Bocar SENE (Saint-Louis)