Publié le 29 Apr 2021 - 17:44
CLIMAT SOCIAL DELETERE, LICENCIEMENTS ABUSIFS

Les travailleurs de l’autoroute à péage crient leur ras-le-bol

 

Le Collège des délégués des travailleurs de l’autoroute à péage est très remonté contre le directeur général Xavier Idier. En conférence de presse hier, les syndicalistes ont exigé une satisfaction totale de leurs revendications et menacent d’aller en grève, si rien n’est fait.

 

Après le manque de carburant, avec la grève des transporteurs des hydrocarbures qui a paralysé le pays, cela risque, bientôt, d’être le tour de l’autoroute de l’Avenir, communément appelée autoroute à péage, d’immobiliser la capitale.

En effet, si le bilan financier reste positif avec un objectif de plus 35 mille véhicules de passage journalier atteint, les retombées économiques pour les travailleurs et l’Etat ne semblent pas suivre.

Donc, après la polémique et la longue négociation pour l’entrée de l’Etat Sénégal dans l’actionnariat de l’entreprise à hauteur de 25 %, c’est au tour des travailleurs de sortir de leur silence pour dénoncer le management du directeur général Xavier Idier. En conférence de presse, hier, le collège des délégués des travailleurs a accusé le patron de la boîte de faire dans le dilatoire et de licencier abusivement les employés.

Munis de brassards rouges, les syndicalistes ont décliné une feuille de route de revendications axées sur plusieurs points. Le premier concerne le respect des engagements de la direction générale, avec la mise en place d’un nivellement des salaires et l’octroi d’une prime de risque à tout le personnel. ‘’Cette prime est plus que d’actualité, car les risques d’accident sont incommensurables. En effet, il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait un accident majeur sur le tracé de l’autoroute. A ce titre, le collège des délégués a fait l’état des lieux des risques inhérents au péage et a remis le document à la direction qui, semble-t-il, ne l’a pas encore exploité. La mise en place de cette prime est une condition sine qua non pour un dialogue social apaisé dans l’entreprise’’, a déclaré fermement Mamadou Diène, SG du collège des délégués.

Les travailleurs dénoncent également la politique d’intimidation de leur direction ‘’caractérisée par des demandes d’explication et des licenciements abusifs. ‘’La nouvelle direction a battu le record de distribution de demandes d’explication, avec des licenciements abusifs et arbitraires. Le DG a un problème de management. Cette équipe dirigeante méprise totalement le personnel, à tel point que le directeur d’exploitation se permet d’insulter en pleine réunion ses équipes de maintenance’’, condamne encore le SG du collège des délégués.

Le deuxième point de discorde est relatif au licenciement de deux employés pour des ‘’motifs fallacieux’’. Il s’agit de Raphaël Henri Nzalé, licencié pour insubordination, et de Bineta Sarr, pour rupture de confiance. ‘’La direction veut faire payer à Bineta Sarr son acte de bravoure, de lutte contre l’injustice et d’application stricte de la loi. Elle a subi tellement de harcèlements qu’elle a failli y laisser sa vie, parce que victime d’un accident le 1er mars, jour de son licenciement. Ce qui n’est rien d’autre qu’une discrimination liée au genre de la part de son supérieur’’, insiste M. Diène.

 ‘’Climat social délétère’’  

‘’Il ne fait aucun doute que l’autoroute de l’Avenir est une entreprise avec une excellente santé financière. Au démarrage, l’objectif des passages journaliers était de 35 mille véhicules. Aujourd’hui, la hausse exponentielle du trafic dépasse largement les prévisions les plus optimistes. C’est pourquoi l’Etat a acté son entrée dans le capital social de l’entreprise. Et si une entreprise est rentable économiquement, cela doit pouvoir se refléter sur le vécu quotidien de ses salariés’’, note encore le SG des délégués.

Les travailleurs dénoncent aussi un climat social délétère, qui s’est aggravé depuis l’installation de la nouvelle direction. ‘’Avec l’ancienne direction, nous avions un climat social apaisé au sein de l’entreprise. Mais avec l’avènement de la nouvelle équipe dirigeante, les salariés, qui fondaient beaucoup d’espoir en elle, eu égard aux nouvelles restructurations effectuées avec la mise en place d’une équipe RH. Malheureusement, ces espoirs se sont transformés en désillusion totale. La nouvelle direction a opté pour le dilatoire dans les négociations avec les délégués du personnel’’, se désole-t-il.

Pour ce faire entendre par le management, les travailleurs ont décidé, depuis quelques jours, de porter des brassards rouges, les lundis et vendredis, pour avertissement. Et si la situation ne s’améliore pas, ils entendent déposer, dans les prochains jours, un préavis de grève pour la satisfaction totale de leur plateforme revendicative.

ABBA BA

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