Publié le 10 May 2021 - 16:18
OUVERTURE D’UNE INFORMATION JUDICIAIRE VISANT DES SOIGNANTS

Le personnel médical réfute les conclusions du procureur 

 

Les agents de santé doutent du bien-fondé des résultats de l’enquête sur l’incendie survenu à l’hôpital Magatte Lo de Louga. Ils déplorent l’ouverture d’une information judiciaire visant des soignants qui ne peuvent en aucune manière être tenus pour responsables de ces incendies d’édifices publics construits et équipés par l’Etat.

 

Le personnel médical sénégalais ne reste pas indifférent aux résultats de l’enquête sur l’incendie de l’hôpital Magatte Lo de Linguère. Après le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames), c’est au tour de l’Association des internes et anciens internes des hôpitaux du Sénégal (AIAIHS) de s’indigner de ces résultats et de la précipitation dans la procédure pour la manifestation de la vérité.

 A travers un communiqué parvenu à ‘’EnQuête’’, ils s’insurgent contre l’enclenchement d’une action publique du parquet, avec l’ouverture d’une information judiciaire visant le personnel soignant, à l’effet de lui faire porter le chapeau de l’incendie, alors même que ce personnel est abandonné par un système de santé démissionnaire et statique, et doit se contenter d’un plateau technique précaire et parfois inexistant.

De l’avis des médecins internes, ceci constitue une intimidation pour toute la famille médicale. Une situation donc inacceptable, en l’absence d’une enquête approfondie et impartiale.

Sur ce, l’association appelle à plus de sérénité et de responsabilité de la part des autorités afin d’éviter une escalade regrettable. Elle rappelle, en outre, que le Code de déontologie médicale stipule à son article 4 : qu’‘’en aucun cas, le médecin ne doit exercer sa profession dans des conditions qui puissent compromettre la qualité des soins et des actes médicaux…’’. L’application rigoureuse de cette disposition, révèlent les internes, exposerait à la fermeture de plusieurs établissements de santé.

Par ailleurs, l’AIAIHS apporte son soutien à tout le personnel de l’hôpital de Linguère. Elle témoigne également son engagement et sa solidarité auprès du Sames pour la défense de la dignité de leur profession et l’amélioration des conditions de travail dans les hôpitaux.

Ledit syndicat décide, par conséquence, de décréter un premier plan d’action avec une grève totale de 48 heures, les 10 et 11 mai 2021 sur l’ensemble du territoire, avec respect du service minimum et des urgences. Il compte tenir son Assemblée générale le lundi 10 mai 2021 à 11 h à l’hôpital Magatte Lo de Linguère, avant de tendre la main à toutes les organisations syndicales du Sénégal, notamment le Syntras, le Satsus pour la défense des agents de santé et un système de santé de qualité pour toute la population.

‘’L’accusation de négligence constitue tout simplement de la diffamation’’

Le Sames juge que le communiqué signé par le procureur est choquant par la célérité de ses conclusions, la légèreté de l’argumentaire pris sur la base d’allégation d’agents de la Senelec qui est elle-même soupçonnée d’être à l’origine de l’incendie.

Le Sames soutient que les incendies constituent des incidents récurrents des structures de santé dont la plupart ont été construites depuis Mathusalem sans aucune norme ou dispositif de détection de fumée. Les incendies du bloc de Roi Baudouin, de la buanderie de l’hôpital général Idrissa Pouye (Hogip) à côté du service d’hémodialyse, de l’hôpital de Thiès et récemment de l’hôpital Fann, montrent à suffisance les risques que courent tous les agents de santé et la population en travaillant et en fréquentant ces structures. ‘’Les agents  qui  sont  des  travailleurs dans  ces  structures ne  peuvent  en aucune  manière  être  tenus  pour responsables de ces incendies d’édifices publics construits et équipés par l’Etat. Ces accidents demandent des mesures urgentes de mise aux normes que les comités de protection civile devraient piloter. Le manque de matériel a dépassé le stade de la chronicité pour s’ériger en règle constituant même des motifs habituels de  grève comme à  Matam,  Saint-Louis  ou Ziguinchor’’, clarifie le Sames. 

VIVIANE DIATTA

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