M2D marche pour la libération des ‘’prisonniers politiques’’
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Le mouvement pour la défense de la démocratie (M2D) a marché pour la libération de Ndongo Diop, Galass Gueye, Moussa Gueye, en détention préventive depuis 90 jours.
« Libérez Ndongo Diop, Libérez Galass Gueye, Libérez Moussa Gueye. Ils ne sont ni des trafiquants de drogue, encore moins des assassins. Macky Sall dictateur ». Ce refrain a bourdonné dans les oreilles des populations qui suivaient la marche organisée par le M2D, entre autres organisations, pour demander au chef de l’Etat Macky Sall de « faire libérer » ces trois jeunes. Lors de cette procession encadrée par la police et qui a pris départ à 16h20mn au siège de la permanence du Pastef pour se terminer à 17h 50mn devant les locaux de la gouvernance, les marcheurs ont déploré que, depuis le 8 mars, soit exactement 89 jours, ces trois jeunes croupissent en prison, sans qu’ils ne soient entendus sur le fond du dossier, objet de leur placement sous mandat de dépôt.
Au cours de cette marche, la femme de Ndongo Diop a attiré les attentions, à l’évocation de son nom par Alioune Sène, le coordonnateur départemental du parti Pastef. Avec son bébé au dos, habillé en tee-shirt floqué Pastef et portant des baskets de couleur noire, Rama Dia veut que son mari et tous les autres prévenus dans cette affaire soient élargis de prison. Mais, elle ne compte pas sur le président de la République. « Je ne compte pas demander au chef de l’Etat de libérer mon mari, parce qu’il n’a pas tenu parole. Il avait bien dit à Serigne Mountakha, notre guide, notre référence et notre espoir qu’il allait libérer tous les prévenus et il n’a pas tenu parole. Celui qui ne respecte pas la promesse faite à notre guide, pensez-vous qu’il va m’accorder, ce qu’il a refusé à Serigne Mountakha. Moi, je ne le pense pas. C’est pourquoi, je ne vais pas lui demander de libérer mon mari. Nous sommes des mourides et si une personne refuse quelque chose à notre guide, ce n’est pas à nous qu’il va l’accorder », a-t-elle argué.
Acceptant stoïquement l’incarcération de son mari, Rama Dia peine à lui rendre visite. C’est parce que confie-t-elle : « Faute de carte d’identité, je ne peux aller lui rendre visite ». A sa fille aînée qui ne cesse de réclamer son papa, elle répond : « ton père travaille en prison et s’il finit son boulot, il va revenir».
Cette marche autorisée par le préfet s’est terminée à la gouvernance où le maitre des lieux devait recevoir le mémorandum. Ce qui n’a pas été de tout repos. C’est parce que le coordonnateur départemental du Pastef, Alioune Sène, et le Gouverneur de région, Gorgui Mbaye ne s’entendaient pas sur la façon de remettre le document. « Vous pouvez le lire où vous voulez, mais, vous ne le lirez pas devant moi. Je ne connais pas le contenu. Donnez-moi le document, je vais le traiter », a dit M. Mbaye. ‘’Vous allez nous revenir après lecture’’, a réclamé M. Sène. Ce qu’a refusé le Gouverneur. ‘’Je ne reviendrais pas après. Vous avez parlé de remise de mémorandum, alors remettez le moi », a tonné M. Mbaye. ‘’On va lui remettre le mémorandum et vous allez constater. Ce qui se fait de coutume, c’est de lire et après remettre le mémorandum », a déclaré Alioune Sène, prenant à témoin les journalistes et les marcheurs.
Non content de cela, le Gouverneur a tenu à s’expliquer une fois encore. « Vous avez parlé de marche et de remise de mémorandum, remettez le moi et après, je vais voir dans ce mémorandum, ce qu’il faut remettre aux autorités supérieures et ce qu’on peut régler ici, on le fera », a-t-il indiqué.
Les tenants du mémorandum
Dans ce mémorandum dont EnQuête détient copie, il est écrit « Monsieur le président, c’est avec un cœur brisé, rempli d’émotions et de tristesse que nous vous faisons part de ce mémorandum dont l’objet va dans le sens de la libération de Ndongo Diop, Galass Guèye, Moussa Guèye pris comme des détenus politiques. Ce mardi 8 mars, ces détenus vont boucler leur 90ème jour de détention. Ils ne sont pas des trafiquants de faux billets, de faux médicaments, ni des criminels encore moins de pilleurs de ressources naturelles. »
Et les rédacteurs du mémorandum d’ajouter : « Pour rappel, les khalifes généraux dont Serigne Mountakha Mbacké avaient demandé la libération des détenus afin de poursuivre le dialogue dans le sens de la pacification, mais, il s’avère que l’Etat du Sénégal semble insensible à l’appel du khalife général des mourides ». Ils n’ont pas manqué d’exiger la libération sans condition de « ces prisonniers politiques ».
Au Président Sall, les camarades de Ndongo Diop lui rappellent ses paroles prononcées le 8 mars dernier, lors de son discours à la Nation. Lors de ce discours, disent-ils, Macky Sall invitait « toutes les forces vives de la Nation à l’apaisement pour honorer la femme sénégalaise ».
A noter que Ndongo Diop, Galass Gueye et Moussa Gueye ont été arrêtés après l’incendie de la salle d’audience du tribunal de grande instance de Diourbel. Depuis lors, ils sont en détention préventive à la maison d’arrêt et de correction de Diourbel
Boucar Aliou Diallo