‘’Je pense qu'il y a une énergie forte, qui peut servir de levier pour une sortie de crise’’
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Après cinq semaines à la tête de la Mission multidimensionnelle et intégrée des Nations Unies pour la stabilisation de la paix au Mali (Minusma), El-Ghassim Wane animait un point de presse hier, pour présenter son premier bilan.
C’est en avril 2021 qu’El-Ghassim Wane a pris fonction à la tête de la Mission multidimensionnelle et intégrée des Nations Unies pour la stabilisation de la paix au Mali (Minusma). Deux mois après, il a fait face à la presse, hier, pour faire le point sur les actions qu’il a eu à mener. Selon M. Wane, son arrivée a coïncidé avec un certain nombre de défis auxquels il a dû s’atteler à relever, en coordination avec les différents partenaires qui sont impliqués dans le processus en cours au Mali.
Pendant cinq semaines, il s’est consacré à une série de réunions, avec les autorités nationales maliennes. Il s’est présenté à elles formellement, les a écoutées sur les priorités qui sont les leurs et identifié avec elles ce que sa structure pouvait faire en mieux pour faire avancer la transition, accélérer la mise en œuvre de l'accord sur la paix et la réconciliation au Mali,qui est issu du processus d'Alger, mais aussi stabiliser le Centre.
Ces rencontres avec les autorités, poursuit-il, se sont tenues en même temps que celles avec les mouvements signataires de l'accord, mais aussi des rencontres avec nombre d'acteurs politiques et sociaux maliens impliqués dans le processus en cours.
‘’En me rendant en particulier sur le terrain, trois éléments ressortent. D'abord, je pense au travail remarquable accompli par nos équipes sur le terrain, par notre composante militaire, notre composante de police et celle civile. C’est un travail remarquable, parce qu'il faut comprendre les conditions dans lesquelles ces équipes travaillent. Ce sont des conditions sécuritaires et logistiques extrêmement difficiles. Le Mali est un territoire assez vaste. Les infrastructures sont limitées et donc, on opère dans des conditions extrêmement difficiles. Malgré tout, les équipes font preuve de beaucoup de dévouement et d'efficacité, et je pense que cela mérite d'être souligné. On ne leur rend pas très souvent hommage pour le travail qu’elles font’’, a-t-il déclaré.
Il a indiqué que, du côté des populations, il est demandé un renforcement des effectifs de la Minusma pour mieux gérer les défis sécuritaires de cette partie de l’Afrique. ‘’Je voudrais relever qu’il y a une profonde prise de conscience de l'ampleur de la crise que connaît le Mali. Il y a une grande lucidité quant à sa complexité. Des efforts soutenus sont requis de la part de tous les Maliens pour surmonter les défis actuels. Mais l'élément le plus encourageant, c'est cette énergie, cette détermination. J’ai également senti de la part des femmes et des jeunes une détermination à surmonter les difficultés, à renouer avec une histoire malienne, à retrouver la paix et la réconciliation, à retrouver un Mali dans lequel tous et toutes se sentent heureux de vivre. Et je pense que les Maliens doivent puiser dans cette détermination, dans cette énergie pour surmonter les épreuves, pour surmonter les défis présents’’, analyse le chef de la Minusma.
Eu égard à tout cela, il indique que ces cinq dernières semaines ont été extrêmement chargées pour lui. Ce qui est à la hauteur de l'ampleur des défis auxquels le Mali et la Minusma sont confrontés.
Il reste toutefois optimiste quant à l’issue des crises multiples que connaît le Mali. ‘’Je n’en minimise pas la portée, ni la complexité, mais je pense qu'il y a une énergie forte, une volonté forte qui existe dans différents secteurs, dans les différents segments de la population malienne qui peuvent servir de levier pour une sortie de crise rapide’’, s’est réjoui M. Wane.
Plus de 1 200 patrouilles ont été effectuées
Par ailleurs, il y a lieu de noter que depuis avril dernier, ses hommes ont appuyé les autorités et les institutions dans le renforcement du rôle de la société civile dans la région de Ménaka, des capacités des comités communaux d'orientation, de coordination et de suivi des actions de développement, de l’Etat de droit et de la lutte contre l’impunité et les capacités de la Cour constitutionnelle du Mali.
Il a été aussi question de lutter contre la cybercriminalité et l'extrémisme violent et le terrorisme, de la prévention et la résolution des conflits dans la région de Mopti, du lancement de la police proximité à Gao, du renforcement des capacités des forces de sécurité, entre autres.
Par ailleurs, le patron de la Minusma a informé qu’au cours des trois dernières semaines et sur l’ensemble de sa zone d’opération, la force a mené près de 1 200 patrouilles et érigé plus d’une centaine de check-points. Ces patrouilles, aussi bien terrestres qu’aériennes, contribuent à réduire les violences et rassurer les populations dans les zones où les tensions communautaires et des attaques armées sont signalées. Ils ont aussi fait l’objet d’attaques qui s’est soldé par plusieurs blessés chez les Casques bleus.
CHEIKH THIAM