Publié le 9 Nov 2022 - 23:46
OUROSSOGUI - BRAS DE FER AVEC LA MAIRIE

Les commerçants disent non à la démolition du marché

 

Les commerçants refusent de quitter le marché central que la mairie envisage de démolir. Déterminés à obtenir gain de cause, ils ont fermé boutiques et cantines, ce mardi, pour tenir une manifestation d’envergure, afin de demander au Promogem de construire le marché moderne sur le site provisoire actuellement aménagé pour les accueillir.

 

Moussa Bocar Thiam doit se tirer les cheveux, en voyant la grande détermination dont ont fait montre les commerçants du marché central de Ourossogui, ce mardi, pour dire niet à la démolition du marché et à sa délocalisation.

Les alentours du grand marché de Ourossogui étaient rouges de monde, ce matin du mardi. Les commerçants contestataires ont réussi une manifestation pacifique grandeur nature, sous le regard attentif de la gendarmerie. C’est une foule impressionnante composée de jeunes et de femmes notamment qui ruisselaient de colère et d’indignation. Ils en veulent au maire qui aurait pris la décision de démolir le marché, sans aucune forme de concertation.

‘’Nous ne nous opposons pas au projet de reconstruction du marché, mais nous nous fustigeons la décision prise sans concertation avec nous les principaux acteurs. Nous demandons au Promogem de construire le marché moderne sur le site qui est actuellement aménagé pour nous reloger. C’est une vaste surface qui fait partie du marché. Nous ne comprenons pas pourquoi ils veulent raser ce marché, alors qu’il y a de l’espace où ils peuvent bien construire’’, dénonce l’un des protestataires.

Incendies récurrents : les commerçants accusent la mairie

En effet, c'est à 11 h qu’ils ont fait leur déclaration devant la presse, dans laquelle ils disent clairement qu’ils ne s’opposent nullement au projet de modernisation du marché, mais qu’ils fustigent la manière avec laquelle l’autorité municipale a procédé pour les déguerpir. Le site provisoire est en cours d’aménagement et les travaux sont exécutés par l’entreprise Xelcom Bâche. En plus de déplorer l’étroitesse du site, les commerçants soutiennent que celui-ci ne présente aucune garantie, en termes de sécurité. ‘’Le site provisoire aménagé ne présente aucune garantie sécuritaire. Comment un espace entouré par des bâches pourrait-il offrir des garanties de sécurité ? Nous disons à haute et intelligible voix que nous ne quitterons pas le marché’’, martèle Aly Dia.

Au sujet de la promiscuité du marché et des incendies récurrents, les commerçants ont désigné l’équipe municipale en place comme le grand responsable. Puisque, disent-ils jusqu’en 2012, le marché était assez spacieux. ‘’C’est depuis l’installation de l’équipe municipale dirigée par Me Moussa Bocar Thiam que le marché est plongé dans cet état de promiscuité. Ce sont eux qui procédaient à une distribution anarchique de sites pour maximiser les recettes et taxes. Ils exploitaient le moindre espace. C’est cela qui a conduit à cette situation. Avant 2009, le marché était assez spacieux, les camions venaient jusqu’aux magasins sans problème’’, renseigne Aly Dia.

Projet de modernisation des marchés

De l’avis du préfet de Matam, Souleymane Ndiaye, la démolition du marché de Ourossogui obéirait à la volonté de l’État de moderniser les marchés. ‘’Ce projet de reconstruction du marché est exécuté par le Promogem. C’est un programme de l’État du Sénégal. Les récurrents cas d’incendie notés dans le marché de Ourossogui justifient ce projet de le démolir pour le reconstruire aux respects des normes de sécurité. Moi, en ma qualité d’autorité administrative, je voudrais que les choses se fassent après concertations. J’invite tous les acteurs au dialogue pour qu’une solution soit trouvée’’, tempère le préfet.

Il faut rappeler que la journée de ce mardi, il n’y a pas eu de marché, car les commerçants du marché central de Ourossogui ont, comme annoncé, respecté la journée morte décrétée. Toutes les boutiques et cantines du marché sont restées fermées. Mais à partir de ce mercredi, elles seront rouvertes. Cependant, le bras de fer avec la mairie va se poursuivre, font-ils savoir.

Djibril Ba

Section: 
THIÈS : Les décharges sauvages empoisonnent la vie des riverains
POLLUTION PERSISTANTE À SANDIARA : Les habitants disent étouffer
GRÈVE DE LA FSDT À KAOLACK - KAFFRINE : Le secteur de la santé paralysé
RÉVISION DU CODE DE L’ASSAINISSEMENT : Thiès ouvre le débat pour un cadre juridique adapté aux nouveaux défis
LOGEMENT DANS LE MONDE : Plus de 3 milliards de personnes privées d’un logement décent
APRÈS DEUX NOUVEAUX MEURTRES DE MINEURES : Waxjotna réclame la reconnaissance du féminicide dans le Code pénal
GRÈVE GÉNÉRALE DE CE VENDREDI : Le mot d’ordre suivi à plus de 75 %
CADRE DE VIE : Thiès prépare une nouvelle gouvernance des déchets solides
TABLE RONDE SUR DISPARITIONS FORCÉES EN GUINÉE ANNULÉE À DAKAR : Afrikajom dénonce une atteinte aux libertés publiques
BRAS DE FER CONTRE LES HABITANTS DE LA CITÉ FAYÇAL La Sogepa définitivement déboutée
SAINT-LOUIS : MARCHÉ DU SUCRE : La CSS défie les importateurs et met l’État face à ses responsabilités
LAS D’ATTENDRE LA LIVRAISON DE LEUR MARCHÉ DEPUIS 2018 : Les 2 300 impactés menacent de paralyser le TER
SENELEC - TENSIONS AUTOUR DE LA PRAB : Les syndicats lancent leur plan d’action lundi
GRÈVE GÉNÉRALE CE VENDREDI : Échec des négociations, le mot d’ordre maintenu
Conflits sociaux au Sénégal
Trafic de drogue
Ousmane Ibrahima dia prend les commandes du CORED
MORT D'ABDOULAYE BÂ À L'UCAD - 3 AGENTS DU COUD MIS EN EXAMEN : L'intersyndicale crie à l'injustice
JUSTICE – PROCÈS DE JÉRÔME BANDIAKY : Le parquet requiert cinq ans de prison ferme contre le "Sniper"
LUTTE CONTRE LE TRAFIC D’ÊTRE HUMAIN DANS 59 PAYS : 2 070 victimes identifiées et 1 024 suspects interpellés