Publié le 25 Jun 2025 - 22:04
ANNIVERSAIRE DE Y'EN A MARRE

L'arrêté Ousmane Ngom décrié

 

Dans le cadre de la semaine de commémoration du 23 juin 2011, le mouvement Y'en a marre organise une série de panels dont un s'est déroulé ce mardi sous le thème : « Arrêté Ousmane Ngom, 14 ans de violation de la Constitution ? »  

 

Cette année, le mouvement Y'en a marre a soufflé sa 14ᵉ bougie. Mais à côté des festivités, l'organisation citoyenne joint l'utile à l'agréable en organisant des discussions sur des thématiques telles que l'arrêté Ousmane Ngom, qui a le même âge que le mouvement. « La réalité est que, 14 ans après, l'arrêté Ousmane Ngom demeure une violation des libertés, une injustice envers tout un peuple. Cette disposition, cette triste disposition, n'existe dans aucun autre pays ; c'est une aberration. En 2022, la CEDEAO avait demandé l'abrogation pure et simple de cet arrêté ; l'ancien président de la République n'avait rien voulu entendre », souligne le coordonnateur de Y'en a marre, Oumar Cyrille Touré, dit Thiat.

Il poursuit en évoquant les actions qu'ils avaient posées pour essayer de forcer la main à l'ancien chef de l'État. « Dans ce contexte, nous avions organisé une sortie pour magnifier cette décision de la CEDEAO, mais aussi pour dénoncer la sourde oreille de l'ancien président. Toutefois, aujourd'hui, un nouveau régime est là et, pour faire court, c'est le statu quo sur ce sujet. Pour preuve, lors du dernier dialogue national, le pouvoir actuel avait catégoriquement refusé d'évoquer le fameux arrêté et même l'article 80, sous prétexte qu'il était déjà pris en compte par les concertations sur la justice. »  

Pour le rappeur, aujourd'hui, il faut juste « dépoussiérer cette décision de la CEDEAO et la remettre sur la table ». Il regrette qu'au lieu d'aller vers la levée de cette disposition liberticide, d'aucuns souhaitent son élargissement à la Place de la Nation. « Récemment, nous avons entendu le ministre de l'Intérieur dire qu'il n'était pas souhaitable que des manifestations se tiennent à l'ex-Place de l'Obélisque, sous prétexte qu'il y a le BRT », alerte ce membre du groupe de rap Keurgui Crew.  

Invité de ce panel, le président de la plateforme Article 25, Aboubakr Bengelloun, fustige tout d'abord le manque de sincérité des politiques d'une manière générale. « En ce qui concerne l'abrogation de l'article 80 et, bien sûr, la question centrale qui nous réunit ici, l'arrêté Ousmane Ngom, l'actuel régime, dans le cadre du pacte citoyen, avait pris des engagements pour supprimer ces dispositions liberticides. Ce nouveau gouvernement doit aller dans cette direction. S'il ne le fait pas, ils ont tout simplement trahi. On est au regret de constater que l'histoire s'est encore répétée. Car, opposants, ils valident tout, mais une fois au pouvoir, c'est la sourde oreille. »  

M. Bengelloun n'omet pas d'évoquer un cas de « trahison » qui touche directement la diaspora. « Quand nous étions dans l'opposition, nous avions toujours combattu, avec ce nouveau régime (alors dans l'opposition), la politisation de nos officines, de nos ambassades et consulats. Si aujourd'hui, tous les consuls adjoints émanent directement des rangs de Pastef, cela pose problème. Cette façon de faire, que nous avons toujours dénoncée, n'est pas pour servir l'intérêt général. »  

 

La question de l’argent

Lors de ce panel, le coordonnateur de Y'en a marre n'a pas manqué d'évoquer la question du financement des organisations de la société civile. « En réalité, les partenaires ne viennent pas donner directement des fonds à des organisations telles que Y'en a marre. En revanche, ils mettent de l'argent sur la table pour porter des projets bien définis », fait savoir Thiat. Cependant, le rappeur dénonce un certain amalgame sur la question, qui s'avère, selon lui, être une manipulation bien ourdie. « À ce sujet, il est vrai que certains se trompent de bonne foi quand ils disent qu'on est financé par des organismes externes. D'autres, par contre, le font à dessein, afin de nous mettre en mal avec l'opinion. »  

MAMADOU DIOP  

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