Publié le 26 Sep 2025 - 16:49
PROMOTION DU TRAVAIL DECENT POUR LES FEMMES

Le Renafes va ouvrir 30 crèches communautaires

 

À l’initiative du bureau national du Réseau national des femmes travailleuses du Sénégal (Renafes), s’est tenue, mercredi dernier à Mbour, une journée de présentation et d’échanges pour améliorer les politiques de garde d’enfants. Ce programme, qui vise à mailler le territoire national en crèches communautaires, offre aux femmes un travail décent.

 

En 2008, à la suite de la crise économique mondiale, l’Organisation internationale du Travail (OIT) a défini le travail décent comme un facteur de développement. Si la notion est bien mise en œuvre, elle permet aux travailleurs de faire l’équilibre entre vie professionnelle et exigences familiales, ce qui n’est pas toujours garanti aux femmes sous nos cieux. Des dispositions handicapantes comme la durée jugée insuffisante du congé de maternité (huit semaines après l’accouchement) sont encore à déplorer.

C’est pour cette raison – et tant d’autres – que le Réseau national des femmes travailleuses (Renafes), né en 2014 sous l’impulsion du réseau des femmes syndicalistes du Sénégal, a décidé de mettre en place trente structures de garde d’enfants pour soulager les femmes travailleuses, notamment domestiques.

À Mbour, s’est tenue mercredi dernier une séance de présentation et d’échanges sur ladite problématique, avec pour objectif de poser les jalons de l’implantation prochaine de crèches communautaires.

Les collectivités locales, en tant qu’organismes d’exécution des politiques publiques au niveau local, sont mises à contribution dans ce projet. C’est pourquoi la mairie de Mbour a été invitée à décliner sa vision sur ce projet. « Le niveau d’engagement de la mairie de Mbour dans ce projet se mesure à l’aune du programme de gouvernance du maire, qui inclut dans son volet social des projets phares tels que la maison de la femme. La mairie de Mbour compte appuyer le réseau à la hauteur de ses moyens », a résumé Abdou Aziz Sall, du bureau du développement local (BDL).

Les travaux de cette crèche « Ker Xalé Yi » (la maison des enfants), avec le soutien de l’institution municipale, devraient pouvoir démarrer en 2026, a-t-il déclaré.

Des crèches qui reflètent les réalités du milieu

« Nous nous sommes dit que nous voulons qu’on puisse reconnaître et valoriser le travail domestique des femmes. En tant que femmes travailleuses, nous avons estimé que la mise en place de crèches pour ces dernières s’avère nécessaire. Dans notre approche, chaque garde d’enfants sera ce que la localité voudra qu’elle soit. Mbour, qui fait partie des localités ciblées dans le cadre du projet, a été choisie pour son dynamisme au plan économique et la pluralité des cadres d’évolution des femmes qui y officient, aussi bien dans le privé, le public que l’informel », a déclaré Fatoumata Bintou Yaffa, présidente nationale du Renafes.

« Nous voulons des crèches communautaires avec la collaboration de la mairie de Mbour. Je suis persuadée que ces femmes engagées que nous avons à Mbour vont porter le plaidoyer pour la mise en place de ces crèches, qui seront accessibles en matière de tarifs, refléteront nos identités, seront inclusives, sûres, et permettront aux femmes qui vont s’y orienter d’avoir un travail décent, c’est-à-dire de pouvoir allier vie professionnelle et vie familiale sans aucun couac », a expliqué l’ancienne présidente du réseau des femmes de la CNTS.

Présidente départementale du Renafes, Mme Ndèye Dieng Diouf a exprimé toute sa satisfaction quant au choix porté sur Mbour pour lancer cette initiative de crèches communautaires. « Notre devoir, en tant que mères de familles – voire grand-mères –, c’est d’appuyer une telle initiative. Avec les mutations sociétales actuelles, ce sont de plus en plus les grand-mères qui s’occupent de leurs petits-enfants, dont les mères travaillent », a-t-elle fait valoir.

Elle a aussi insisté sur le plaidoyer que doivent mener les femmes auprès des collectivités locales, d’une part, et sur l’engagement de leurs pairs, d’autre part, pour que les structures soient dotées des meilleures ressources humaines possibles.

Pape Mbar Faye

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