Publié le 13 May 2026 - 11:02
DÉSINFORMATION DANS LES MÉDIAS  

Le CORED alerte sur la circulation de fausses “Unes” et appelle à la vigilance

 

Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED) tire la sonnette d’alarme face à une recrudescence de la désinformation. Dans un communiqué publié le 12 mai 2026 à Dakar, l’organe de régulation dénonce la circulation d’une fausse Une du journal Vox, détournée pour faire croire à une parution intitulée « Njodorl-Bi ».

Selon le CORED, cette manipulation constitue un cas caractérisé de diffusion d’informations trompeuses, visant à induire en erreur l’opinion publique. L’instance rappelle que ce type de pratiques n’est pas inédit. Des faits similaires avaient déjà été observés en 2022 et 2023, notamment en période préélectorale, impliquant plusieurs titres de la presse sénégalaise. À l’époque, Reporters sans frontières (RSF) avait même appelé à l’ouverture d’enquêtes pour identifier les auteurs de ces détournements.

Face à cette résurgence, le CORED exprime sa préoccupation et insiste sur le fait que ces fausses publications ne peuvent en aucun cas se prévaloir de la liberté de la presse. Elles participent, selon lui, à une stratégie de manipulation, exploitant la crédibilité des médias pour diffuser de fausses informations.

L’organe rappelle par ailleurs le cadre légal en vigueur. L’article 204 du Code de la presse prévoit des sanctions pénales pour toute diffusion de publications non conformes, allant de deux à six mois d’emprisonnement et d’amendes comprises entre 200 000 et 500 000 francs CFA, ou l’une de ces peines.

Au-delà de l’aspect juridique, le CORED met en garde contre les conséquences de ces pratiques sur la confiance du public envers les médias. « En créant ou en partageant ces fausses unes, on porte atteinte à l’intégrité de l’information et on fragilise le débat public », souligne le communiqué, qui évoque également le risque d’amplification des rumeurs et de mauvaise compréhension des enjeux collectifs.

Dans ce contexte, le Conseil appelle les professionnels des médias à redoubler de vigilance et à respecter strictement les règles déontologiques. Il invite également le public à faire preuve de discernement, notamment face à la prolifération des contenus trompeurs sur les réseaux sociaux.

Cette nouvelle alerte relance le débat sur la régulation de l’information à l’ère numérique et sur la responsabilité partagée entre producteurs, diffuseurs et consommateurs de contenus médiatiques.

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