Thiès prépare une nouvelle gouvernance des déchets solides

Alors que les dépotoirs d'ordures à ciel ouvert se multiplient dans plusieurs quartiers et que l'hivernage fait craindre une aggravation des risques sanitaires et environnementaux, les autorités viennent de franchir une étape décisive dans la réforme de la gestion des déchets solides à Thiès.
Un ouf de soulagement se dessine pour les populations du département de Thiès. Réunis ce jeudi à la Préfecture de Thiès pour un atelier de restitution du diagnostic départemental sur la gestion des déchets solides, les autorités administratives, les élus territoriaux et les acteurs du secteur ont validé une feuille de route pour la création d'entités de coopération intercommunale autour du futur Centre intégré de valorisation des déchets (CIVD) de Thiénaba.
La rencontre, organisée par le PROMOGED, a réuni le préfet du département de Thiès, Mame Less Cabou, les sous-préfets, les maires des communes du département, les services techniques de l'État, la SONAGED, le Conseil départemental ainsi que plusieurs partenaires intervenant dans le secteur de l'environnement.
En effet, cette initiative ambitionne d'apporter une réponse durable à la problématique des déchets dans l'ensemble du département. La rencontre a permis de partager les résultats d'une étude diagnostic menée depuis plusieurs mois et de définir les bases d'une coopération intercommunale appelée à transformer durablement le système de gestion des déchets dans le département.
Le préfet Mame Less Cabou a salué une initiative qu'il juge déterminante pour l'avenir de la gestion des déchets dans le département. « Cette rencontre vient à son heure pour conforter tout le travail que nous avons entrepris récemment dans la prise en charge des déchets solides au niveau du département de Thiès », a-t-il déclaré.
Selon l'autorité administrative, le diagnostic présenté permettra aux collectivités territoriales concernées de disposer d'un état des lieux objectif avant la mise en place des futures entités de coopération intercommunale. « La gestion des déchets solides va changer dans les communes du département. Avec la contribution des collectivités territoriales et l'initiative développée par le PROMOGED, notamment la mise en place du Centre intégré de valorisation des déchets à Thiénaba, nous pouvons espérer une solution durable à cette problématique », a-t-il ajouté.
Le préfet s'est également félicité de la forte mobilisation des maires, des services techniques déconcentrés, des sous-préfets et des différents acteurs impliqués dans la gouvernance environnementale.
Une réponse structurante aux dépotoirs à ciel ouvert
En écho à ces propos, la directrice du PROMOGED, Sophie Diong Dieng, a souligné que la rencontre marque une étape essentielle dans un processus engagé depuis plusieurs mois. « Notre objectif est de mettre en place des ententes de coopération intercommunale autour d'une infrastructure structurante qui sera implantée dans la commune de Thiénaba », a-t-elle expliqué.
Cette infrastructure prendra la forme d'un Centre intégré de valorisation des déchets (CIVD) destiné à remplacer progressivement les nombreux dépotoirs à ciel ouvert qui existent dans le département. Selon Mme Dieng, ce centre permettra d'apporter une réponse à la fois environnementale, sanitaire et technique aux difficultés rencontrées par les collectivités.
« Aujourd'hui, au Sénégal, nous ne disposons pratiquement pas d'infrastructures publiques modernes de gestion des déchets. Nous fonctionnons essentiellement avec des dépotoirs à ciel ouvert qui posent de graves problèmes environnementaux et sanitaires », a-t-elle rappelé. Avant d’insister sur le caractère inclusif de la démarche engagée.
« Toutes les études sont conduites en concertation avec les communes, les populations, les services techniques de l'État et l'administration territoriale. Notre objectif est que chaque acteur participe à la définition de cette nouvelle gouvernance », a-t-elle affirmé.
Les quinze communes du département ont ainsi été associées au diagnostic afin d'identifier leurs besoins, leurs capacités et les contraintes spécifiques auxquelles elles sont confrontées.
Interrogée sur le choix de Thiénaba pour accueillir le futur centre, Sophie Diong Dieng a assuré que la commune avait officiellement donné son accord. Selon elle, le terrain a déjà été identifié avec l'appui de la municipalité et les premières études techniques sont en cours. Le projet est actuellement dans une phase de screening environnemental, avant le lancement de l'étude d'impact environnemental. Une étude technique devra également permettre de définir le mode de réalisation et d'exploitation de l'infrastructure dans le cadre d'un partenariat public-privé.
Un investissement de plusieurs milliards de francs CFA
La future infrastructure représente un investissement particulièrement important. « Il s'agit de plusieurs milliards de francs CFA. Nous ne venons pas reproduire ce qui existe aujourd'hui. Nous proposons une solution moderne répondant aux normes environnementales et techniques, et cela a naturellement un coût », a indiqué la directrice du PROMOGED.
Au-delà du centre de Thiénaba, le projet prévoit également la réalisation de stations de transfert afin de limiter les coûts de transport des déchets depuis les communes les plus éloignées. Ces infrastructures permettront de regrouper les déchets avant leur acheminement vers le Centre intégré de valorisation.
L'une des principales innovations du projet repose sur la coopération intercommunale. Certaines communes produisent d'importants volumes de déchets sans disposer de réserves foncières suffisantes pour accueillir des infrastructures de traitement. D'autres disposent d'espaces adaptés mais génèrent moins de déchets. Cette complémentarité justifie, selon les responsables du projet, la création d'entités intercommunales chargées d'assurer une gestion concertée des équipements, de leur financement et de leur exploitation.
« Nous voulons mettre en place un cadre de concertation où chaque commune trouvera sa place afin de garantir la pérennité des investissements réalisés », a expliqué Mme Dieng.
À l'issue des travaux, les participants ont validé une feuille de route définissant les prochaines étapes de mise en place des entités de coopération intercommunale. Le document prévoit notamment la poursuite des concertations entre les collectivités, la définition du cadre juridique et institutionnel, l'élaboration des actes administratifs nécessaires ainsi que les mécanismes de gouvernance, de financement et de suivi des futures structures.
Ndeye Diallo (Thiès)






