Thierno Bocoum accuse l'exécutif

Le président du mouvement Agir-Les Leaders, Thierno Bocoum, refuse de voir dans la récente saisine du Conseil constitutionnel par le président de la République une victoire politique de l'Exécutif.
Dans une contribution rendue publique, il affirme que le camp présidentiel "ne doit pas jubiler", estimant que Bassirou Diomaye Faye reste redevable d'explications sur son attitude tout au long de la procédure ayant conduit à la révision constitutionnelle. Selon lui, si la décision de saisir le Conseil constitutionnel était attendue, elle est intervenue tardivement, après que le chef de l'État eut, selon ses termes, "accompagné" une proposition de loi qu'il juge aujourd'hui contraire à la Constitution. Thierno Bocoum rappelle que le Président avait d'abord proposé des amendements au texte avant de solliciter un vote bloqué à l'Assemblée nationale.
Pour le président d'Agir-Les Leaders, ces initiatives démontrent que l'Exécutif avait initialement soutenu le processus législatif. Il souligne que si la procédure de vote bloqué avait abouti, la loi aurait pu être adoptée malgré ce qu'il considère comme son irrecevabilité manifeste. À ses yeux, cette intervention présidentielle aurait permis de surmonter les obstacles juridiques entourant une proposition de loi dont l'initiative parlementaire était contestée.
L'opposant estime ainsi que les arguments aujourd'hui avancés par le Gouvernement pour justifier la saisine du Conseil constitutionnel ne peuvent occulter les actes posés auparavant. Il évoque une "forme de complicité procédurale" entre l'Exécutif et la majorité parlementaire dans le cheminement d'un texte qu'il jugeait pourtant contraire aux exigences constitutionnelles. Thierno Bocoum affirme également que les mises en garde formulées par les "forces vives de la Nation" se trouvent aujourd'hui confortées par la décision du Conseil constitutionnel.
...Il rappelle avoir lui-même, dès le 22 juin 2026, publié une analyse contestant la recevabilité de cette proposition de révision constitutionnelle, notamment au regard des dispositions relatives aux charges publiques. Selon lui, cette lecture juridique, développée avant les travaux de la commission compétente et avant la position officielle du Gouvernement, rejoint finalement les arguments retenus pour contester la procédure. Dans sa contribution, Thierno Bocoum critique également l'attitude du président de l'Assemblée nationale. Il considère que le refus du vote bloqué relevait d'une stratégie destinée à soustraire la procédure au contrôle du Conseil constitutionnel.
Il estime en outre que l'argumentation développée par le président de l'Assemblée dans son mémoire en réponse, selon laquelle certaines dispositions de l'article 82 de la Constitution ne seraient pas applicables aux lois de révision constitutionnelle, n'a pas résisté à l'analyse des juges constitutionnels. Pour le président d'Agir-Les Leaders, la décision du Conseil constitutionnel constitue certes une victoire pour l'État de droit, mais elle ne met pas fin aux risques de dérives institutionnelles. Il met en garde contre une utilisation, selon lui, du droit d'initiative parlementaire à des fins particulières et appelle le chef de l'État, en sa qualité de garant de la Constitution, à intervenir plus en amont pour prévenir toute atteinte aux principes constitutionnels. Thierno Bocoum assure enfin que son mouvement poursuivra son combat pour la défense de l'État de droit et de la démocratie, affirmant qu'il continuera à contester toute procédure qu'il estimera contraire à la Constitution, y compris lorsque le président de la République "faillira à sa mission de garant de la Constitution".






