Cinquante femmes opérées en 72h

L'hôpital Abass Ndao et l'association caritative chrétienne Médecine de Vie ont mené une campagne de chirurgie réparatrice au profit de 50 femmes victimes de mutilations génitales féminines (MGF). Réalisées gratuitement pour les patientes, ces interventions s'inscrivent dans un programme de prise en charge globale associant accompagnement psychologique, sexologique et traitement chirurgical des séquelles les plus graves.
Cinquante femmes victimes de mutilations génitales féminines (MGF) ont bénéficié, en l'espace de 72 heures, d'une chirurgie réparatrice à l'hôpital Abass Ndao, dans le cadre d'une campagne organisée en partenariat avec l'association caritative chrétienne Médecine de Vie. Selon le chef du service de gynécologie-obstétrique et de la maternité de l'établissement, Dr Raymond Alipio, également coordonnateur du programme de prise en charge holistique des MGF, chaque intervention représente un coût d'environ 253 000 francs CFA, entièrement pris en charge par les organisateurs, les patientes n'ayant rien à débourser.
Le praticien explique que la chirurgie ne constitue que l'ultime étape d'un accompagnement global mis en place par le centre de prise en charge créé il y a quatre ans. « Il s'agit d'une prise en charge psychologique, sexologique et, dans un second temps seulement, chirurgicale. Les patientes sont d'abord reçues par des psychologues et des sexologues, participent à des groupes de parole, puis nous évaluons celles qui sont réellement éligibles à une intervention », a-t-il indiqué.
Pour cette campagne, une équipe ivoirienne composée de chirurgiens et d'anesthésistes est venue renforcer les équipes sénégalaises. Outre le financement intégral des interventions, ces spécialistes ont participé aux opérations aux côtés de leurs homologues de l'hôpital Abass Ndao, permettant un transfert de compétences. Dr Alipio souligne toutefois que les besoins restent importants. Le centre compte actuellement plus de 400 dossiers de patientes en attente d'une éventuelle intervention chirurgicale.
Il précise néanmoins que toutes les victimes de MGF ne nécessitent pas une opération. « Certaines retrouvent un mieux-être grâce au suivi psychologique et aux groupes de parole. D'autres, en revanche, présentent des complications physiques importantes, comme des kystes, des fistules ou des fibroses, qui justifient une chirurgie », a-t-il expliqué. Il a notamment évoqué le cas récent d'une patiente souffrant d'un volumineux kyste clitoridien, dont l'intervention est programmée dans les prochaines semaines.
Le coordonnateur du programme insiste enfin sur le caractère pluridisciplinaire de cette prise en charge, qui mobilise, en plus des chirurgiens et anesthésistes, des psychologues et des sexologues venus renforcer les équipes locales. Cette approche vise à répondre aussi bien aux séquelles physiques qu'aux traumatismes psychologiques liés aux mutilations génitales féminines.
CHEIKH THIAM






