Publié le 23 Jul 2026 - 23:06
ENGAGEMENTS SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Le Sénégal lance son Cadre de transparence renforcée

 

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et maîtriser le phénomène du réchauffement climatique, le Sénégal a lancé hier un projet intitulé le Cadre de transparence renforcée (CBIT-Sénégal).

 

Dans le cadre de la mise en œuvre de ses engagements au titre de l'Accord de Paris sur les changements climatiques, le Ministère de l'Environnement et de la Transition écologique (METE), à travers la Direction du Changement climatique, de la Transition écologique et des Financements verts (DCCTEFV), a lancé hier un projet de renforcement des capacités du Sénégal pour se conformer au Cadre de transparence renforcée (CBIT-Sénégal).

Le projet CBIT-Sénégal, financé par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) avec l'appui du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), constitue une initiative majeure destinée à renforcer les capacités nationales en matière de transparence climatique, à améliorer les systèmes de collecte et de gestion des données climatiques et à accompagner la mise en œuvre de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0), conformément aux exigences de l'Accord de Paris.

Madeleine Diouf, directrice du changement climatique, de la transition écologique et du financement vert au METE, renseigne que le programme accompagne tous les pays en développement, dont le Sénégal, pour pouvoir rendre compte du niveau de mise en œuvre de son engagement vis-à-vis de l'accord de Paris, vis-à-vis de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique.

La convention vise à lutter contre les changements climatiques qui requiert de pouvoir suivre ce que font les pays, pour non seulement réduire les émissions de gaz à effet de serre qui est la principale cause du réchauffement climatique, mais également voir comment les pays développés, qui ont une responsabilité historique de ce phénomène, accompagnent les pays en développement pour faire face aux impacts du changement climatique.

« Donc ce rapport permet, dit-elle, de construire une transparence, de construire ce qu'on appelle la confiance entre les pays développés et les pays en développement, en suivant réellement si tous nos efforts sont soutenus, mais également en suivant si nous faisons tous ensemble des efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et maîtriser le phénomène du réchauffement climatique. Les pays développés ont des engagements, annuellement ils en rendent compte, et nous, les pays en développement, nous devons rendre compte tous les deux ans. Et cela demande des moyens. »

Par ailleurs, il y a lieu de préciser que ce programme permettra aussi au Sénégal d'avoir le bilan de ses émissions

« Notre pays est confronté à une multiplication des phénomènes climatiques extrêmes »

Venu présider cette rencontre, le directeur de cabinet du METE a souligné que la rencontre d'hier va permettre au Sénégal de disposer d'un système moderne, intégré et durable de production, de gestion et de diffusion des données climatiques, conformément aux exigences de l'Accord de Paris. D'après Dr Boure Diouf, le Sénégal figure parmi les pays les plus exposés aux effets des changements climatiques, alors même que sa contribution historique aux émissions mondiales de gaz à effet de serre demeure marginale.

« Les changements climatiques ne constituent plus une menace future. Ils sont aujourd'hui une réalité quotidienne qui affecte profondément notre territoire, l'économie du pays et les conditions de vie de nos populations. Notre pays est confronté à une multiplication des phénomènes climatiques extrêmes : hausse des températures, inondations, érosion côtière, intrusion saline, dégradation des terres, baisse de la fertilité des sols, raréfaction des ressources en eau, perturbation des saisons agricoles et perte de biodiversité. Ces phénomènes compromettent progressivement les performances de secteurs essentiels tels que l'agriculture, l'élevage, la pêche, l'énergie, les ressources en eau, les infrastructures et la santé publique », a-t-il fait remarquer.

Or, une part importante de la population du pays dépend directement des ressources naturelles. Ainsi, les changements climatiques représentent désormais un défi majeur pour sa souveraineté alimentaire, sa résilience économique et la réalisation de la Vision Sénégal 2050. Face à cette réalité, le Gouvernement du Sénégal, selon lui, a fait le choix d'inscrire l'action climatique parmi les priorités nationales.

« Notre pays a élaboré trois Communications nationales, un Rapport biennal actualisé, soumis sa Contribution Déterminée au niveau National et procédé récemment à la validation technique de la CDN 3.0, fruit d'un important processus participatif ayant mobilisé l'ensemble des secteurs concernés. Ces avancées traduisent la volonté constante du Sénégal d'inscrire son action climatique dans une démarche de responsabilité, de transparence et d'amélioration continue. Cependant, nous savons aujourd'hui qu'une politique climatique efficace ne peut être conduite sans disposer de données fiables, harmonisées, régulièrement mises à jour et accessibles », indique Dr Diouf.

Il est d’avis que les données climatiques sont devenues un véritable patrimoine stratégique car elles permettent de mesurer les émissions nationales de gaz à effet de serre, d'évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Contribution Sénégalaise.

CHEIKH THIAM

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