Publié le 18 May 2026 - 17:14
17e FLAMBÉE ÉPIDÉMIQUE D’EBOLA DÉCLARÉE EN RDC

La CEDEAO et l’OMS sur le pied de guerre

 

Ce 15 mai 2026, le Ministère de la Santé de la République Démocratique du Congo a annoncé une nouvelle flambée de la maladie à virus Ebola, avec des cas confirmés et des mesures d'urgence mises en place pour contenir la propagation du virus.

 

La République Démocratique du Congo (RDC) fait face à sa 17e flambée épidémique de maladie à virus Ebola. Le 15 mai 2026, les autorités sanitaires ont déclaré cette urgence après l’analyse de treize échantillons, dont huit se sont révélés positifs au virus Ebola, souche Bundibugyo. Le cas index présumé est un homme agent de santé, résidant dans la zone de santé de Rwampara, qui a présenté des symptômes graves le 24 avril, notamment de la fièvre, des hémorragies et un malaise intense. Malheureusement, il est décédé dans un centre médical à Bunia, province de l’Ituri.

À ce jour, 393 cas suspects et 105 décès, dont 4 parmi les cas confirmés, ont été signalés dans neuf zones sanitaires de la province de l’Ituri, indique une note d’information de la CEDEAO. De plus, des regroupements inhabituels de décès communautaires présentant des symptômes compatibles avec la maladie à virus Ebola sont en cours d’investigation dans d'autres zones de santé de l’Ituri et du Nord-Kivu, renseigne la même source. "La situation est préoccupante et nécessite une réponse rapide et coordonnée", avertit un représentant du Ministère de la Santé.

Face à cette flambée, ce 16 mai 2026, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a évalué la situation et a déclaré que cette épidémie constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). L'évaluation des risques de l'OMS pour cette flambée est considérée comme très élevée à l'échelle nationale et dans les pays voisins, et modérée pour le reste de l'Afrique. "Nous devons agir rapidement pour contenir la propagation du virus et protéger les populations vulnérables", souligne le Directeur général de l'OMS.

Dispositions prises pour contenir le virus

Face à cette situation alarmante, le Centre Régional de Surveillance et de Contrôle des Maladies de la CEDEAO (CRSCM) a pris, informe-t-on, des mesures proactives pour prévenir la propagation de la maladie. Parmi ces mesures, figure le renforcement des systèmes de surveillance. En effet, les États Membres sont encouragés à renforcer la surveillance et l'alerte précoce, en particulier aux points d'entrée aériens pour les passagers en provenance d'Afrique centrale.

L’autre mesure concerne les capacités d'intervention. Le CRSCM enjoint les équipes nationales d’intervention rapide sur la maladie à virus Ebola à se renforcer pour assurer une réponse rapide et efficace. Il demande aussi aux Etats membres de faire une évaluation de l'état de préparation des laboratoires nationaux pour la détection du virus. Il insiste surtout sur le fait de veiller à la disponibilité des réactifs et du personnel formé.

Le CRSCM exhorte aussi les autorités sanitaires des États membres à adopter certaines recommandations pour limiter la propagation du virus. Il insiste particulièrement sur la communication des risques. Dans ce sens, il leur demande de renforcer les capacités de communication des risques et l'engagement communautaire. "Il est essentiel que les communautés soient informées des risques et des mesures à prendre pour se protéger", souligne un responsable du CRSCM.

Le Centre régional invite aussi à développer des capacités de prévention et de lutte contre l'infection pour garantir des conditions de travail sûres dans les établissements de santé. Dans la même veine, il demande aux citoyens de suivre les recommandations des autorités sanitaires, notamment en matière d'hygiène, d'évitement des contacts avec des personnes malades et de manipulation de corps de personnes décédées.

Risque d'importation de cas dans la région de la CEDEAO

La note d’information de la CEDEAO évoque le risque d'importation de cas dans la région de la CEDEAO. Il est considérable, dit-on, en raison de l'intensité des déplacements aériens et de la forte mobilité des populations avec l'Afrique centrale. "La vigilance est de mise, et chaque pays doit être préparé à réagir rapidement en cas d'importation de cas", souligne un expert en santé publique.

Ainsi, l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), à travers le Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies (CRSCM), a élargi les activités de prévention, de préparation et de riposte engagées dans le cadre de la gestion du Hantavirus afin de les étendre à cette nouvelle urgence de santé publique. "Nous devons tirer parti de nos expériences passées pour faire face à cette crise", déclare, à ce propos, le Directeur exécutif de l'OOAS.

Les actions entreprises comprennent, entre autres, la formation du personnel médical, à travers des programmes qui sont mis en place pour améliorer les compétences du personnel médical en matière de gestion des cas d'Ebola. Il y a aussi des campagnes de sensibilisation pour informer la population sur les symptômes de la maladie et les mesures de prévention à adopter.

Le CRSCM, dit-on, continue de suivre de près l’évolution de la situation et communiquera les mises à jour pertinentes régulièrement. "Nous devons rester unis et solidaires dans notre lutte contre cette épidémie", déclare un représentant de l'organisation

Une maladie létale

Pour rappel, la maladie à virus Ebola est une affection grave, souvent mortelle, qui touche l’être humain ainsi que d’autres primates. Elle est causée par des virus du genre Ebolavirus, appartenant à la famille des Filoviridae. Quatre espèces sont reconnues comme pathogènes pour l’être humain: Zaire ebolavirus, Bundibugyo ebolavirus, Sudan ebolavirus et Taï Forest ebolavirus.

Le virus se transmet à l’être humain à partir d’animaux sauvages (notamment les chauves-souris frugivores, les porcs-épics et les primates non humains), puis peut se propager au sein de la population par contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres liquides biologiques de personnes infectées. La transmission peut également survenir par contact avec des surfaces ou des objets contaminés (par exemple la literie et les vêtements), ainsi qu’avec le corps d’une personne décédée de la maladie. La période d’incubation (intervalle entre l’infection et l’apparition des symptômes) varie de 2 à 21 jours.

Une personne infectée ne peut transmettre la maladie qu’après l’apparition des symptômes. La maladie débute généralement par un tableau pseudo-grippal pouvant inclure fièvre, fatigue, malaise, douleurs musculaires, maux de tête et mal de gorge. L’évolution peut être rapide vers une forme sévère, parfois accompagnée de manifestations hémorragiques.

A ce jour, deux vaccins contre la maladie à virus Ebola due au Zaire ebolavirus ont obtenu des autorisations de mise sur le marché. En revanche, il n’existe pas à ce jour de vaccins homologués contre la maladie à virus Ebola causée par les autres espèces d’Ebolavirus.

La maladie est dangereuse, car son taux de mortalité peut atteindre 50 %. Toutefois, une prise en charge précoce peut améliorer les chances de survie des personnes infectées.

AMADOU FALL

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