Le défi de la qualité et de l’insertion professionnelle au cœur des débats

À l’occasion de la sortie de trois promotions de l’Université Amadou Hampâté Bâ, le Professeur Benoît Tine, Directeur de l’Enseignement Supérieur Privé, a salué le « travail de titan » de l’établissement. Entre promotion des filières scientifiques et renforcement de l’employabilité par la pratique, le Ministère réaffirme sa volonté d'assainir le secteur pour faire du Sénégal un hub éducatif africain.
C’est une communauté académique en fête qui s’est réunie pour célébrer un moment charnière de l’histoire de l’Université Amadou Hampâté Bâ (UAHB). Représentant le Docteur Boubacar Camara, Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Professeur Benoît Tine a tenu à marquer de sa présence ce triple événement : les 20 ans de l’école (2006-2026), l’anniversaire de son ancrage dans le paysage universitaire et la graduation de trois vagues de diplômés (Licence, Master et Doctorat). « Le Ministère a tenu à participer à cet événement pour magnifier l’excellence, pour venir magnifier ce travail de titan qui est en train d’être effectué au niveau de cet établissement », a déclaré le Professeur Tine.
Fondée sur une solide réputation, l’UAHB s’est imposée comme un carrefour sous-régional, accueillant aujourd'hui pas moins de 31 nationalités. Un motif de fierté pour la direction, qui ne cache pas son optimisme quant à l’avenir de ses pensionnaires. Un optimisme partagé par les équipes pédagogiques, qui rappellent que l'université s'appuie sur un corps professoral d'élite pour offrir une formation de haut niveau.
Face au chômage : « L'État n'a plus vocation à créer des emplois »
Au-delà des festivités, la question cruciale de l’insertion des jeunes diplômés a largement alimenté les échanges. Face aux réalités économiques actuelles, le représentant du ministère a profité de la tribune pour délivrer un message de vérité et d’action à la jeunesse, l’exhortant à rompre avec la passivité et à embrasser l’esprit d’entreprise. « Le conseil que je leur ai donné, c’est d’être dans cette culture de la qualité, de l’entrepreneuriat et de ne pas attendre tout de l’État. L’État n’a plus vocation à créer des emplois », a martelé le Directeur de l’Enseignement Supérieur Privé.
Pour réussir ce pari de l'audace, le ministère compte sur la refonte des programmes et l'adaptation des compétences aux besoins du marché. L’accent est désormais mis sur l'alliance étroite entre la théorie et la pratique. L’objectif affiché est d’outiller les étudiants dès leur cursus à travers des stages, des modules de gestion de projet, de suivi-évaluation et l'implantation d’incubateurs au sein même des campus.
L'accréditation, un gage de crédibilité internationale
Cette quête de performance s’inscrit dans une politique plus globale d’assainissement du secteur privé menée par l’État, rythmée par des dialogues réguliers et le suivi rigoureux des recommandations du comité de pilotage du ministère. À l’UAHB, la reconnaissance de la qualité ne date pas d'hier, l'établissement ayant franchi tous les paliers réglementaires depuis son agrément provisoire en 2006 jusqu'à son habilitation institutionnelle en 2019.
Le processus d'évaluation se poursuit désormais au cas par cas, sous la supervision de l’Autorité Nationale d’Assurance Qualité de l’Enseignement Supérieur (ANAQ-Sup).
« C’est un processus continu, ça ne s’arrête jamais. Quand un diplôme est validé et accrédité, il dure 5 ans », a expliqué le Professeur Tine.
MAMADOU DIOP






