Publié le 30 Jun 2026 - 13:59
MGR ANDRÉ GUÈYE

“Les jeunes ne sont pas futur, mais le présent”

 

Présidant la cérémonie officielle du forum économique de l'Association des dirigeants, entrepreneurs et cadres catholiques du Sénégal (ADECS), l'archevêque de Dakar a appelé à investir davantage dans la jeunesse, qu'il considère comme la priorité du développement. Il a également exhorté les cadres chrétiens à renforcer leur engagement économique et social en faveur des populations les plus vulnérables.

 

L'emploi des jeunes et la souveraineté économique étaient au cœur des échanges du forum organisé par l'Association des dirigeants, entrepreneurs et cadres catholiques du Sénégal (ADECS), les 26 et 27 juin. Placée sous le thème « Souveraineté économique : enjeux pour le développement et l'emploi des jeunes », la rencontre a réuni responsables publics, chefs d'entreprise et acteurs économiques autour des défis liés à l'insertion professionnelle des jeunes. Présidant la cérémonie officielle, en présence de la ministre de la Jeunesse et des Sports, Clotilde Djireye Coly, l'archevêque de Dakar a insisté sur l'urgence d'investir dans la jeunesse. « Les jeunes ne sont pas le futur, mais le présent », a affirmé Mgr André Guèye, invitant les différents acteurs à s'engager davantage en leur faveur. Pour le chef de l'Église catholique de Dakar, la mission des fidèles laïcs dépasse le seul témoignage de foi. Elle passe également par une présence active dans tous les secteurs de la société afin de contribuer à leur transformation.

S'il a salué l'engagement historique de l'Église au Sénégal dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'accès à l'eau ou encore de l'autonomisation des femmes, Mgr Guèye estime que beaucoup reste à faire sur le plan économique. « Nous travaillons, nous croyons, pour aussi remplir notre devoir d'assistance envers les plus pauvres », a-t-il déclaré, appelant au développement d'entreprises fortes et d'initiatives entrepreneuriales capables d'améliorer durablement les conditions de vie des populations. L'archevêque a également inscrit cette démarche dans la dynamique de la synodalité, qui privilégie la concertation, le discernement et l'action collective au service du bien commun. Selon lui, la recherche d'une plus grande autonomie économique et la promotion de la justice sociale constituent des priorités pastorales. « Il n'y a pas de paix véritable et durable sans justice sociale », a-t-il rappelé.

Cette justice passe notamment, selon lui, par une meilleure formation des jeunes, l'acquisition de compétences solides et un accès effectif au marché du travail afin qu'ils puissent devenir pleinement acteurs de leur propre développement. Le président de l'Adecs, Étienne Diène, a rappelé que le forum avait pour ambition d'identifier les principaux freins à l'emploi des jeunes, de partager des expériences réussies, de proposer des solutions concrètes et de renforcer les synergies entre entreprises, institutions et associations.

L'objectif, a-t-il expliqué, est de bâtir une réflexion stratégique autour de l'emploi et de la formation en mettant en avant des outils innovants et des modèles inspirants. Pour lui, le principal défi demeure la qualification des jeunes. « Le chantier le plus important aujourd'hui, c'est la formation des jeunes, mais aussi leur instruction professionnelle. Trouver un emploi aux jeunes, ce n'est pas seulement une question de dignité ; c'est aussi investir dans l'avenir », a-t-il soutenu. À travers ce forum, l'Adecs entend ainsi contribuer à la réflexion nationale sur les politiques d'emploi et encourager une meilleure articulation entre formation, entrepreneuriat et besoins du marché du travail.

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