Les Armées veulent renforcer leurs crèches

Formation du personnel, accompagnement pédagogique et respect des normes d’accueil : un accord signé le 28 octobre entre la Direction de l’Action sociale des Armées et l’Agence nationale de la Petite Enfance et de la Case des Tout-Petits doit améliorer la prise en charge des jeunes enfants des familles militaires.
Mutations, déplacements, absences prolongées : les exigences du service militaire peuvent compliquer la garde des jeunes enfants. Pour mieux accompagner les familles concernées, la Direction de l’Action sociale des Armées (DASA) et l’Agence nationale de la Petite Enfance et de la Case des Tout-Petits (ANPECTP) ont signé, mercredi 28 octobre, un protocole d’accord au Camp de l’Intendance.
Le partenariat prévoit un appui aux structures d’accueil relevant de la DASA. L’ANPECTP doit apporter son expertise dans la formation continue du personnel, les référentiels pédagogiques, l’encadrement et la supervision. L’enjeu est d’améliorer à la fois les conditions d’accueil et l’accompagnement des enfants durant leurs premières années.
« Soutenir la famille militaire, c’est aussi renforcer la disponibilité opérationnelle de nos armées », a déclaré le colonel Aliou Faye, directeur de l’Action sociale des Armées. Pour lui, disposer de solutions d’accueil adaptées permet aux parents d’accomplir leurs missions avec davantage de sérénité.
Le responsable a notamment évoqué la situation des femmes militaires, confrontées aux contraintes du métier et à l’organisation de la vie familiale. L’accès à des structures de qualité doit, selon lui, faciliter leur participation à l’ensemble des activités militaires.
La directrice générale de l’ANPECTP, Tabaski Ba Diagne, a pour sa part présenté l’accord comme un cadre de travail destiné à améliorer durablement les services proposés aux enfants. Son application doit s’appuyer sur un comité de pilotage conjoint, chargé de suivre les actions et d’en évaluer les résultats.
Organisée dans l’enceinte de la crèche de l’Intendance des Armées, la cérémonie a été suivie d’une visite des installations et d’explications sur les pratiques d’accueil. L’inspecteur Dominique Preira, directeur des Apprentissages précoces, de la Formation et de l’Innovation à l’ANPECTP, a insisté sur la continuité du parcours éducatif.
De la crèche au préscolaire, puis à l’école, l’accompagnement doit tenir compte du développement de l’enfant et préparer chaque transition. Durant les trois premières années, celui-ci découvre son environnement, développe ses relations avec les autres et construit ses premiers repères. Pour l’inspecteur, les pratiques éducatives doivent soutenir ces acquisitions.
La qualité de l’accueil repose ainsi sur plusieurs dimensions : sécurité, hygiène, santé, nutrition, éveil et socialisation. Elle dépend aussi de la manière dont les espaces sont aménagés et utilisés.
Une table ronde, a-t-il illustré, peut favoriser les échanges entre enfants et l’apprentissage du partage. Le mobilier et l’organisation des activités répondent donc à des objectifs pédagogiques que le personnel doit pouvoir comprendre et mettre en œuvre. La formation continue constitue, à ce titre, un volet central de l’accord.
Dominique Preira a également rappelé l’importance des règles d’hygiène. Le port de chaussons dans certaines salles permet, par exemple, de préserver la propreté des espaces fréquentés par les tout-petits. Ces précautions participent à la protection d’enfants particulièrement vulnérables.
La santé et les liens familiaux à prendre en compte
L’accompagnement doit également respecter les références familiales et culturelles de l’enfant. Pour l’ANPECTP, son accueil en structure ne peut être dissocié de l’environnement dans lequel il grandit.
Le suivi sanitaire figure parmi les autres exigences évoquées. À propos d’une crèche visitée précédemment, Dominique Preira a salué l’existence d’un espace dédié à un pédiatre. Il a souligné l’intérêt d’intégrer la prévention et la détection des difficultés de développement à la prise en charge quotidienne.
Le partenariat doit aussi aider les structures militaires à répondre aux exigences nationales applicables à l’accueil de la petite enfance. Les responsables ont notamment évoqué le décret n° 2024-66 du 19 janvier 2024, relatif aux conditions d’ouverture, d’organisation et de fonctionnement des structures accueillant les enfants de moins de trois ans.
L’accompagnement annoncé suppose d’examiner les dispositifs existants, de relever les améliorations nécessaires et de renforcer les pratiques professionnelles. Le comité de pilotage devra suivre ce travail pour donner une traduction concrète aux engagements signés.
Tabaski Ba Diagne a inscrit cette coopération dans le concept « armée-nation », en mettant en avant la complémentarité entre l’expertise d’une agence civile et les besoins des familles militaires. La portée de l’accord se mesurera désormais aux formations réalisées et aux améliorations apportées dans les structures d’accueil.
Fatou Ba






