Publié le 31 Oct 2026 - 12:33
NOUVEAU REJET DE LA LFR 2026 EN COMMISSION

Le compromis n’a pas tenu

 

La commission des Finances et du Contrôle budgétaire a de nouveau rejeté, vendredi 30 octobre, le projet de loi de finances rectificative pour 2026. Le retour du texte en commission, demandé trois jours auparavant par le gouvernement pour poursuivre les discussions, n’a pas permis de lever les désaccords.

 

Le gouvernement n’a pas convaincu les commissaires. Pour la deuxième fois en une semaine, la commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, ce vendredi 30 octobre. L’information est rapportée par plusieurs médias, dont PressAfrik et SeneNews. Selon La Vie Sénégalaise, les deux amendements présentés par l’exécutif ont également été écartés.

Ce nouveau refus intervient après une tentative de relance du dialogue parlementaire. Le 27 octobre, en séance plénière, Cheikh Diba avait demandé le renvoi du texte en commission pour des discussions complémentaires. Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan avait invoqué l’article 84 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour obtenir ce nouvel examen. Il affichait alors la volonté de rapprocher les positions et de rechercher un compromis.

« Le gouvernement ne vient pas opposer des positions, ni installer des institutions dans une logique de confrontation », avait-il déclaré devant les députés. Trois jours plus tard, le réexamen du projet n’a donc pas débouché sur l’accord recherché.

Des arbitrages toujours contestés

Avant cette nouvelle réunion, les divergences entre l’exécutif et la majorité Pastef portaient notamment sur les réductions de crédits d’investissement, la gestion des fonds spéciaux et la trajectoire de la dette. Selon Sud Quotidien, les députés contestaient les conséquences de coupes évaluées à près de 555 milliards de francs CFA sur plusieurs programmes : logements, centres de santé, infrastructures scolaires et résorption des abris provisoires. Ils demandaient également davantage de transparence sur certains financements et la publication de rapports d’audit.

Le gouvernement avait, de son côté, préparé de nouvelles réponses aux préoccupations formulées dans le mémorandum de la commission du 26 octobre. Dans un document daté du 29 octobre et présenté par SeneNews, il maintient un plafond de déficit de 1 735,2 milliards de francs CFA, soit 7,6 % du PIB. L’exécutif explique cette marge par les incertitudes sur les recettes du dernier trimestre, les cours du pétrole et la nécessité d’honorer les engagements de l’État envers les entreprises.

Sur l’énergie, le gouvernement défend une enveloppe de 790,3 milliards de francs CFA, destinée notamment à sécuriser l’approvisionnement en hydrocarbures et la production d’électricité, tout en évitant de répercuter la hausse des coûts sur les consommateurs. Il met également en avant 70 milliards de francs CFA pour les transferts sociaux.

L’avertissement du gouvernement sur les financements

Dès le 25 octobre, après le premier rejet en commission, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo avait invité les parlementaires à traduire leurs objections en propositions précises. « Ne punissez pas le peuple. Présentez vos amendements », avait-il lancé lors d’une conférence de presse, tout en réaffirmant la disponibilité de l’exécutif à discuter des ajustements souhaités.

Dans ses dernières réponses, le gouvernement avertit qu’un retard dans l’adoption du texte pourrait reporter à 2027 certains appuis budgétaires, financements de projets et prêts-programmes. Le second rejet en commission confirme toutefois que ses explications n’ont pas suffi à obtenir un accord à ce stade. Il intervient avant un éventuel vote en séance plénière : le rejet du vendredi concerne bien les travaux de la commission.

Section: