Publié le 9 Feb 2026 - 16:43
AFFAIRE P. C. DIALLO ET CONSORTS  

Comment la bande à l'animateur a été interpellée par la gendarmerie

 

Douze personnes, dont l'animateur Pape Cheikh Diallo et l'artiste Djiby Dramé, ont été interpellées entre le jeudi et le vendredi derniers. L’affaire n’a pas encore livré tous ses secrets.

 

C’est une affaire qui défraie la chronique depuis son éclatement par nos confrères de Seneweb. En effet, la Brigade de Recherches de Keur Massar a interpellé douze individus, tous de nationalité sénégalaise, pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH sida par rapports sexuels non protégés et mise en danger de la vie d'autrui.

Selon nos informations, suite à l'exploitation d'un renseignement faisant état des agissements d'un individu séropositif qui continuait à s'adonner à des actes contre nature, les éléments de la Brigade de Recherches de Keur Massar ont mené des investigations qui ont abouti à l'interpellation du mis en cause le 4 février 2026. Soumis à un test de dépistage du VIH sida sur réquisition d'une personne qualifiée, le certificat médical délivré par le médecin atteste que l’homme en question était porteur du virus du VIH sida.

Interrogé, il a confirmé être conscient de son statut de séropositif et a avoué avoir sciemment contaminé une dizaine de personnes, contactées notamment à travers des groupes WhatsApp. Deux de ses partenaires interpellés le même jour ont également déclaré être au courant de leur statut de séropositifs, mais ont continué à entretenir des relations sexuelles non protégées avec d'autres partenaires, tous des hommes.

La poursuite des investigations a permis l’interpellation de cinq autres individus le 5 février et de quatre autres supplémentaires le 6 février, portant ainsi le nombre total des personnes interpellées à douze. À l’issue des tests de dépistage effectués, il ressort que, sur les douze personnes interpellées, huit sont déclarées séropositives, tandis que quatre ont été déclarées séronégatives.

Pour les suspects, au nombre de douze, il s'agit de l'électricien P. S. R. Thiam (20 ans), du commerçant de 37 ans I. Camara, de l'agent administratif de 28 ans M. B. Baldé, du tailleur de 40 ans A. Diallo, de l'étudiant de 25 ans M. Gningue, du commerçant de 22 ans S. Ba, de l'élève de 20 ans B. Ka, du commerçant de 30 ans B. Faye, du brancardier de 29 ans B. Ndiaye, de l'artiste chanteur de 43 ans D. Dramé, de l'agent de banque de 38 ans D. L. Dieng et de l'animateur de 43 ans C. A. T. Diallo.

Là où tout a commencé

Par ailleurs, sur cette affaire qui défraie la chronique, tout est parti de l’arrestation du premier suspect. L'exploitation de son téléphone portable a donné des éléments intéressants aux enquêteurs qui ont décidé de poursuivre. Cela leur a ouvert une piste menant vers le second interpellé. Après son interpellation, son téléphone a également été fouillé par les pandores. Les résultats ont montré qu'il avait des accointances avec l'artiste D. Dramé. Interpellé à son tour, son téléphone a été exploité. Les résultats ont conduit les enquêteurs vers le banquier D. L. Dieng. Cueilli chez lui, il a été auditionné et a pointé du doigt l'animateur comme étant son complice. Vu son statut et son degré de célébrité, les enquêteurs l'ont appelé au téléphone. Il leur a indiqué qu'il était à son lieu de travail. À travers une géolocalisation, les enquêteurs se sont rendus sur les lieux. Sur place, M. Diallo a accepté de les suivre sans le moindre mouvement, pour ne pas dire qu'il a été très coopératif.

Selon nos informations, tous les suspects, vu les preuves accablantes que détiennent les pandores, n'ont pas eu d'autre issue que de passer aux aveux en reconnaissant les faits, jurent nos sources qui n'ont pas voulu en dire plus lors de leurs différentes auditions.

À signaler aussi que la perquisition de la gendarmerie a permis de retrouver, sur différents lieux d’arrestation, des lubrifiants, des préservatifs et des appareils utilisés par des homosexuels. Selon nos interlocuteurs, ils seront déférés au parquet, sauf changement de dernière minute aujourd’hui dans la matinée, malgré les pressions intenses que les enquêteurs ont subies et les demandes insistantes d'une artiste très proche de lui, suppliant les enquêteurs et même le parquet de libérer l’animateur pour motif de maladie.

DE LA SANCTION DES AUTEURS DE TRANSMISSION VOLONTAIRE DU VIH

Ce que disent les articles 36 et 37 du code pénal

Dans cette affaire d’actes contre-nature, la problématique de la transmission volontaire du VIH sida demeure centrale. Si les faits sont avérés, les prévenus risquent gros. En effet, est punie d'un emprisonnement de cinq à dix ans et d'une amende de 2.000.000 à 5.000.000 de francs CFA, toute personne qui, connaissant son statut sérologique positif et les modes de transmission du VIH, entreprend des rapports sexuels non protégés avec l'intention de transmettre le virus à une autre personne, selon l'article 36 du code pénal.

Personne ne pourra être poursuivi ni jugé aux termes de cette loi pour transmission du VIH, ou pour exposition au VIH, lorsque ladite transmission ou exposition se produit dans l'un des cas suivants : la transmission du VIH de la mère à l'enfant avant la naissance de celui-ci, pendant l'accouchement ou au cours de l'allaitement ; un acte qui ne pose aucun risque significatif de transmission du VIH ; la personne vivant avec le VIH ne connaissant pas son statut sérologique positif au moment de l'acte ; et la personne vivant avec le VIH ayant pratiqué des relations sexuelles sans risque, y compris avec l'usage du préservatif.

Selon l'article 37, concernant la sanction de la diffusion d'informations erronées ou mensongères en matière de VIH et de SIDA, sera punie d'un emprisonnement de six mois à deux ans et d'une amende de 500.000 à 2.000.000 de francs CFA, ou de l'une des peines seulement, toute personne reconnue coupable de diffusion d'informations mensongères ou erronées relatives au VIH/SIDA. Le responsable du moyen de diffusion publique ayant servi de support à la divulgation de ces informations sera puni des mêmes peines.

AMADOU FALL

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