Description des valeurs endogènes

‘’L’arbre des vertus chez les Wolof’’. À travers ce livre, l’auteur Ibrahima Thioye entend éclairer les débats contemporains sur l’équilibre individuel, la citoyenneté active, la cohésion sociale, le leadership et le développement personnel. EnQuête s’est surtout penché sur l’intégration des vertus développées dans ce livre en milieu professionnel.
Un livre qui rappelle certains repères moraux, invitant à une meilleure intériorisation des vertus dans un monde en transformation. Il s’agit de ‘’L’arbre des vertus chez les Wolof" de Ibrahima Thioye. Publié par les éditions Nfally, ce livre propose une lecture structurée et accessible des valeurs éthiques fondamentales de la société wolof. D’après l’auteur, dans un contexte marqué par une crise des repères, des tensions sociales et une quête de sens accrue, cet ouvrage propose une description des valeurs endogènes wolof en évoquant les contextes de leur apparition. Il montre comment l’exploitation des parties utiles des différents systèmes de valeurs présents peut éclairer les débats contemporains sur l’équilibre individuel, la citoyenneté active, la cohésion sociale, le leadership et le développement personnel.
Présent à la cérémonie de présentation, Cheikh Oumar Cissokho a expliqué comment intégrer ces vertus dans la vie professionnelle. Il souligne que les vertus sont des qualités morales qui guident les actions des hommes mais également leurs décisions. Elles incluent des traits comme l'honnêteté, la générosité, l'injustice et d'autres. ‘’Mon grand-père disait qu'il y avait des vertus qui sont quelque part une valeur située entre les extrêmes. On a pris l'exemple du courage, qui se situe entre la lâcheté et la témérité’’, a-t-il indiqué.
Au niveau du travail, le livre évoque diverses manières d'appliquer la vertu au travail. On peut citer l'intégrité professionnelle. Cela veut dire collaborer, travailler en équipe avec générosité et respect pour atteindre des objectifs communs, selon M. Cissokho. ‘’On a eu l'exemple tout récemment avec la CAF. Mais également le sens des responsabilités, qui veut dire assumer ses tâches et ses erreurs avec courage et justice’’, a-t-il dit.
Appliquer ces vertus dans le travail a bien sûr des avantages. Les vertus favorisent un environnement de travail positif et collaboratif, d’après Cheikh Oumar Cissokho. En outre, il note que la confiance et le respect se renforceront entre collègues et dirigeants. Enfin, dit-il, il y a l'épanouissement personnel, parce que ‘’lorsqu'on pratique les vertus, on augmente notre satisfaction et notre bien-être au travail’’.
Mais comment les intégrer dans notre vie professionnelle ? ‘’On peut nous-mêmes réfléchir sur nos actions, voir ce qui ne va pas, ce qu'on a fait dans une journée. Il faut prendre le temps de réfléchir sur nos actions, mais aussi sur l'impact de nos actions’’, a dit M. Cissokho par rapport au premier point. Deuxièmement, il invite à se fixer des objectifs éthiques. ‘’Là, c'est un point qui n'est pas évident… parce qu'il faut définir des objectifs qui sont en accord avec nos actions et nos valeurs. Il n'est pas toujours évident pour quelqu'un qui a des orientations stratégiques d'expliquer le pourquoi d'une telle décision", a-t-il dit.
Enfin, l’autre vertu consiste à apprendre de nos expériences. C'est-à-dire utiliser ces expériences pour améliorer les pratiques vertueuses. "Dans nos pratiques, il faut transformer notre vie de travail en un espace agréable. Un espace de croissance, non seulement personnelle, mais également collective", soutient Cheikh Oumar Cissokho, soulignant qu’un environnement plus harmonieux permet d’être plus productif.
À ses yeux, avec l'évolution de la technologie, "nous avons au moins deux leaders qui ont des vertus… il nous faut des leaders qui sont en mesure de faire le distinguo entre, notamment, la performance et les vertus. Aujourd'hui, on peut physiquement décorer les performances et les vertus, puisque les deux vont ensemble".
Ainsi, Cheikh Oumar Cissokho cite quatre vertus cardinales, appliquées au leadership et qui constituent une base solide, d’après lui. Il note qu’avec la capacité de déterminer le bien et le mal, le leader est en mesure de prendre des décisions éclairées, en tenant compte des conséquences à long terme. Et le leader prudent est celui qui évalue, consulte et décide avec sa liste. L’autre élément concerne la justice. Entre autres qualités fondamentales pour un leader, il y a le fait d’être capable de créer un environnement où chaque personne est traitée avec dignité. Il y a aussi la force et le courage. "Parce que, à travers cette valeur, on mesure la persévérance face aux obstacles, la capacité à défendre les arguments malgré l'adversité", explique Cheikh Oumar Cissokho.
Par ailleurs, selon l’auteur Ibrahima Thioye, face à la polarisation des discours et à l’affaiblissement du lien social, des valeurs comme la kersa (pudeur), le masla (tact, diplomatie, conciliation), la teraanga (hospitalité) et le baax (la bienveillance) apparaissent comme des appuis majeurs pour restaurer ou raffermir le dialogue et la cohésion sociale.
BABACAR SY SEYE






