Publié le 20 Jul 2012 - 18:37
APPLICATION DE LA PARITE A L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Les logiques politiques divisent les femmes

 

Si la société civile est prête à tout pour l’application de la parité dans le bureau de l’Assemblée nationale, tel ne semble pas être le cas chez les femmes députés qui ont placé hier les logiques politiques au dessus de tout.

 

 

Sauvée de justesse. La rencontre des femmes socialistes avec la presse a failli virer à l'incident. Si le maire socialiste Abdoulaye Wilane n’avait pas eu la promptitude de faire revenir Fatou Sow Sarr dans la salle après une ''bouderie'', l’on aurait retenu de la rencontre d’hier que ce malheureux geste. La sociologue, chercheuse en genre et membre de la société civile n’a pas apprécié la réplique que lui a apportée la députée socialiste Aïda Sow Diawara. Pour cette dernière, il n’est pas question, au nom de la parité, de soutenir l’éventuelle candidature d’une femme de l’opposition à la présidence de l’Assemblée nationale. Un point d’achoppement avec Fatou Sow Sarr qui estime que les femmes devraient, au besoin, soutenir une candidature féminine peu importe son appartenance politique. Selon la militante du genre, c'est l'unique manière de faire face à ceux qui sont contre l’application de la parité intégrale au sein du bureau de l’Assemblée nationale.

 

En fait, dans leur majorité, les femmes ont milité pour l’application de la parité à l’Assemblée nationale mais dans leur diversité, les opinions ont été antagoniques. ''Nous voulons que la parité soit appliquée, mais il ne faut pas oublier que nous sommes des politiques. Et il est inadmissible d’être dans une mouvance politique et de voter pour quelqu’un de l’opposition même si c’est une femme'', a déclaré Aïda Sow Diawara. Revenue dans la salle, Fatou Sow Sarr a voulu faire dans la décrispation en soutenant qu’elle a essayé juste de mettre la ''pression'' sur ses congénères. Elle estime qu’il est urgent de se battre pour ne pas se faire ''berner'' par ceux qui n’aimeraient pas voir la parité être appliquée. La militante de la société civile fait toutefois état d’une autre ''artillerie lourde'' en cas de force majeure. Il s’agit, selon elle, d’utiliser la majorité constituée par les 65 femmes députées pour renverser la tendance machiste. À voir...

 

Les femmes socialistes : pas encore de ''remplaçant crédible'' à OTD

Par ailleurs, les femmes socialistes ont renouvelé leur confiance à Ousmane Tanor Dieng (OTD). Et pour le lui manifester, elles se sont toutes levées, hier dans une salle archi-comble de la maison du Parti socialiste, pour offrir un standing ovation au natif de Nguégniène, dont leadership est contesté par, notamment Malick Noël Seck, leader de la Convergence socialiste. Les militantes socialistes ne voient pas, à ce jour, un ''remplaçant crédible'' à OTD. ''Nous remercions le camarade Ousmane Tanor Dieng pour le combat qu’il a su mener depuis 2000, après notre départ du pouvoir, au moment où tous nos adversaires n’avaient d’ambition que de nous enterrer à jamais, jusqu’à ce jour où le Parti socialiste est redevenu un parti fort, une des trois (3) grandes formations politiques de notre pays'', a dit, émue, Aida Sow Diawara.

 

Pour les femmes socialistes, il est encore ''prématuré'' que leur secrétaire général national quitte son poste. Mieux elles ont ''exigé'' que Tanor Dieng reste à la tête du PS.

 

Amadou NDIAYE

 

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