Publié le 26 Apr 2022 - 16:02
CHARLATANISME, ESCROQUERIE ET MENACES DE MORT

Un professeur se fait gruger la somme de 6 millions de francs CFA par un éleveur 

 

Moussa Sow a comparu, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. Il est poursuivi pour charlatanisme, escroquerie et menaces de mort. Il a soutiré à la partie civile Sanou Cor, qui est professeur, plus de 6 millions de francs CFA.

 

Sanou Cor regrette le jour où il a croisé le chemin de Moussa Sow. Professeur de son état, Sanou croyait que son désir de gravir les échelons allait se réaliser, grâce à ce dernier. Pourtant, c’est fortuitement qu’il a fait la connaissance de celui-ci, dans un taxi appelé communément ‘’clando’’. Étant des cousins à plaisanterie, ils ont vite sympathisé.  Mais dès que Sanou lui a fait savoir qu’il est professeur, Moussa Sow, qui s’est présenté à lui sous le nom de ‘’Sidate Sow’’, lui a donné son numéro avant de lui demander de l’appeler plus tard. D’après le plaignant, c’est une semaine après qu’il lui a finalement téléphoné, parce qu’il ne cessait de penser à lui.

Ainsi, narre-t-il, le sieur Sow l’a présenté à son grand-père qui lui a fait une consultance mystique par téléphone et lui a promis de l’aider pour un avenir radieux. C’est à cet effet qu’il lui a demandé de lui envoyer 15 000 F CFA pour lui faire des offrandes de vautours. Poursuivant sa narration, la partie civile indique que c’est quelque temps après que Moussa Sow l’a invité à le rejoindre dans un domicile au Scat Urbam. Arrivé sur les lieux du rendez-vous, raconte-t-il, le prévenu lui a fait un bain mystique, avant de prendre les 174 000 F CFA qu’il avait par-devers lui. Selon Sanou Cor, c’est à ce moment qu’il s’est départi de sa raison. Moussa et son grand-père ont commencé à lui réclamer de fortes sommes d’argent.

‘’Premièrement, il m’a réclamé la somme de 1 800 000 F CFA. Il m’avait dit qu’il allait acheter des chameaux qu’il allait sacrifier. Mon frère m’a prêté 2 000 000 et je lui ai remis 1 900 000 F’’, raconte le plaignant. Pour continuer à satisfaire les demandes récurrentes de Moussa Sow et de son grand-père, Sanou révèle avoir consenti deux prêts bancaires et emprunté de l’argent à son école. Heureusement pour lui, c’est grâce à un talisman que lui a donné un de ses élèves qui l’a trouvé dans un piteux état, qu’il a retrouvé ses esprits. 

‘’Ce même jour, Moussa et son grand-père m’ont appelé et me mettaient la pression. Ils me menaçaient et disaient que si je ne cédais pas à leur demande, ils allaient sacrifier toute ma famille. Ils m’ont dit qu’ils allaient détruire quiconque irait chez eux leur réclamer de l’argent. C’est ainsi que j’ai porté plainte et le prévenu et sa famille ont promis de me payer le préjudice que j’ai subi, soit 6 773 000 F. Ils m’ont donné un acompte de 3 000 000 F. Je lui ai demandé de me rembourser juste les 3 000 000 et de laisser tomber le reste. Il a ainsi pris l’engagement de me payer dans quatre mois. Mais grande fut ma surprise quand, au bout de ce délai, Moussa était non seulement injoignable, mais introuvable’’.

Moussa avoue lui avoir remis une poudre mystique

Retrouvé par la Section de recherches après des investigations, le prévenu Moussa Sow a reconnu à la barre avoir encaissé l’argent de la partie civile, mais dit ignorer le montant exact. Selon le prévenu, il a donné de la poudre mystique à Sanou qui voulait une promotion.

Estimant que Moussa ne mérite aucune faveur, compte tenu de sa mauvaise foi manifeste, le conseil de la partie civile a réclamé l’intégralité du reliquat. Ce, outre le million qu’il demande en guise de réparation.

À la suite du représentant du ministère public qui a requis l’application de la loi, la défense a plaidé la relaxe pour le délit de menaces de mort et sollicité une application bienveillante de la loi concernant les autres chefs.

Le tribunal, après délibéré a relaxé Moussa Sow du délit de menaces de mort, avant de le déclarer coupable de charlatanisme et d’escroquerie. Pour la répression, il l’a condamné à une peine ferme de trois mois d’emprisonnement et à payer la somme de 4 773 000 F à la partie civile. La contrainte par corps est fixée au maximum.

 

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