Publié le 26 Jan 2026 - 09:28

Congres SAMES

 

Prenant la parole hier lors du congrès du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES), le président du Syndicat des médecins privés du Sénégal (Sympes), Dr Abdou Kane Diop, a estimé que cette rencontre constitue une nouvelle opportunité pour les médecins privés de se pencher en profondeur sur les nombreuses difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien en tant qu’acteurs économiques du système de santé. Abordant la question du financement, Dr Diop a regretté que le débat se limite souvent aux apports des institutions financières publiques ou privées, alors que le premier niveau de financement demeure l’autofinancement.

Un mécanisme, a-t-il expliqué, reposant sur trois leviers essentiels : le nombre de patients ayant accès aux structures privées, le niveau de rémunération des actes médicaux et le respect des délais de paiement par les tiers payants. Selon lui, l’absence de régulation claire des relations entre tiers payants et prestataires affaiblit considérablement la capacité d’autofinancement du secteur privé de la santé. Le deuxième levier, lié au volume de patients, reste limité à la fois par le niveau économique des populations et par l’exclusion quasi totale des fonctionnaires assimilés du recours aux structures privées, mais aussi par l’absence d’une véritable politique de prise en charge, par l’État, de certaines catégories de populations en vue d’un accès universel au privé.

...Quant au troisième levier, Dr Diop a dénoncé le gel du niveau de rémunération, inchangé depuis vingt-cinq ans pour les Institutions de prévoyance maladie (IPM) et quarante-cinq ans pour le régime général. Une situation qui, selon lui, demeure suspendue à la signature du décret actualisant la nomenclature et de l’arrêté interministériel fixant les tarifs. Cet arrêté interministériel, a-t-il poursuivi, renvoie les structures privées de santé à un statut commercial qui pose de sérieux problèmes. Des travaux de réforme ont certes été engagés depuis plusieurs mois, mais Dr Diop plaide pour davantage de concertation.

« Devons-nous prendre encore un peu de temps pour bien rédiger ces textes, afin d’éviter des incohérences contre-productives et sources de divisions entre les prestataires ? », s’est-il interrogé. Par ailleurs, il a souligné l’existence de questions majeures nécessitant un examen approfondi, notamment l’ouverture du capital, la retraite, la gestion de l’héritage, ainsi que la convention politique.

S’adressant directement aux autorités, il a appelé à une vision claire et à une volonté politique affirmée, protectrice sans être protectionniste, en faveur d’un secteur privé dynamique, moteur de son propre développement à travers des modèles économiques innovants. Dr Diop a enfin plaidé pour la mise en place d’une véritable intelligence économique sanitaire, adaptée au contexte socio-économique national, encadrée par une gouvernance institutionnelle de haut niveau et une législation claire, adossée à un code de la santé cohérent. Il a également exprimé l’espoir que les préoccupations des médecins privés soient prises en compte dans le nouveau projet de Code général de l’investissement.

 

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