Publié le 29 Jan 2014 - 03:03
CONTESTÉE PAR PLUSIEURS PAYS AFRICAINS

 La Cpi peut encore compter sur le soutien du Sénégal

 

Le Sénégal est plus que jamais un soutien à la Cour pénale internationale, malgré la vague de contestations que la juridiction subit de la part de certains Etats africains.

 

Le Sénégal reste attaché à la Cour pénale internationale (Cpi). Cette mention vient du ministre des Affaires étrangères Mankeur Ndiaye qui s'exprimait hier devant les députés, au cours de l'examen du projet de loi autorisant le président à ratifier l'accord sur les privilèges et immunités de la Cpi.

Interpellé sur le sujet par la député Sokhna Dieng Mbacké sur la position du Sénégal vis-à-vis de cette cour, au moment où d'autres pays africains se disent scandalisés par une forme de justice ''sélective'' qui semble viser uniquement les présidents africains, le ministre a indiqué que le Sénégal s'est battu pour l'institution de cette cour pénale en participant à tous les processus de négociations jusqu'à la signature de l'accord de Rome en 1998 et à sa ratification en 2002, tout en étant le premier pays à ratifier.

''Nous restons attaché à la Cour parce que nous sommes attachés à la lutte contre l'impunité, à tous les crimes de guerre, crimes contre humanité et les crimes d'agressions'', a soutenu le ministre. Cependant, il a précisé que le seul cas qui n'a pas été déféré devant la Cpi reste celui du Président soudanais Mohamed El Béchir dont la Cour s'est auto-saisie du dossier à la suite d'une résolution du Conseil de sécurité.

Cette précision est pour dire, selon M. Ndiaye, que tous les autres cas ont été portés devant cette juridiction par les Africains eux-mêmes, rappelant que Charles Taylor, ancien président libérien, fut jugé par un Tribunal spécial et que le cas Habré est antérieur à la création de la Cpi. «Mais nous avons exprimé de très sérieuses frustrations par rapport au fait que les cas sous examen sont des cas africains», dira le ministre.

Il a également indiqué que des mesures ont été proposées au Conseil de sécurité pour que le cas du président Kényan et celui de son vice-président poursuivis pour crimes par la Cpi connaissent une fin heureuse. Ceci pour ne pas fragiliser un pays qui vient de sortir d'une crise, qui a connu des élections libres et démocratiques et qui est également engagé dans la lutte contre le terrorisme en Somalie.

ANTOINE DE PADOU

 

 

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