Publié le 5 May 2026 - 08:32
CONVOQUÉ À LA SÛRETÉ URBAINE  

Pourquoi le parquet veut entendre le journaliste Pape Ngagne Ndiaye

 

Le journaliste et animateur de l’émission Faram Facce sur la TFM, Pape Ngagne Ndiaye, est convoqué ce lundi à la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar. Cette audition intervient dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite de propos tenus lors d’une récente émission.

Selon des sources proches du dossier, le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar a requis l’ouverture d’une enquête et l’audition du journaliste. Cette décision s’inscrit dans une chaîne hiérarchique impliquant des instructions transmises par le Procureur général près la Cour d’appel, lui-même agissant sur directives du Garde des Sceaux, ministre de la Justice.

À l’origine de cette procédure, une séquence vidéo extraite de l’émission animée par le journaliste. Dans celle-ci, Pape Ngagne Ndiaye attribue au Premier ministre, Ousmane Sonko, la responsabilité de l’incarcération de l’ancien ministre Pape Malick Ndour, le présentant comme l’instigateur de cette décision judiciaire.

Toujours selon les mêmes sources, les propos du journaliste ont été jugés « outrageants » et « de nature à jeter le discrédit sur l’institution judiciaire ». Il lui est notamment reproché d’avoir qualifié la condamnation de l’ancien ministre d’« abus d’autorité », imputé à la fois au Premier ministre et à certains magistrats, accusés de faire de la justice « un instrument arbitraire de privation de liberté ».

C’est dans ce contexte que le parquet a ordonné son audition afin de recueillir ses explications sur les faits évoqués dans ladite vidéo, avant d’envisager d’éventuelles suites judiciaires.

L’affaire a rapidement suscité des réactions. Le président de l’ONG ONG 3D, Moundiaye Cissé, a dénoncé cette convocation. Dans une publication sur le réseau social X, il estime que « rien ne justifie la convocation de Pape Ngagne Ndiaye », évoquant des pratiques qu’il juge intimidantes. Il appelle à « mettre fin à ces convocations récurrentes » et à « libérer toutes les personnes injustement privées de liberté ».

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