Publié le 29 Jan 2014 - 12:03
CORRUPTION – ÉTUDE AUPRÈS DE 1 000 MÉNAGES

La société civile corrompue à 62%, selon l'indice Civicus

 

Les organisations de la société civile sénégalaise jouent sans doute un rôle important dans la promotion de la démocratie interne. Mais elles n'échappent pas pour autant aux pratiques de corruption, selon l'indice Civicus présenté hier par le Forum civil, au cours d'une séance de restitution d'une étude menée dans ce sens.

 

D'aucuns le subodoraient sans jamais le clamer haut et fort. Certains, plus péremptoires, l'affirmaient. Une étude indépendante vient de le prouver : une bonne partie des organisations de la société civile (OSC) sénégalaise, autant que la classe politique, est tombée elle aussi dans la corruption. En effet, d’après le rapport de l’indice Civicus consacré à la société civile au Sénégal et présenté hier au cours d'une séance de restitution, les pratiques de corruption au sein des Osc sont une réalité, même si le concours qu'elles apportent à la promotion de la démocratie n'est pas remis en cause.

Présentée par le docteur Fatoumata Hane, anthropologue et membre du Forum civil, l'étude révèle que cette réalité est reconnue puisqu'au moins 62% des réponses reconnaissent explicitement ou implicitement cet état de fait. Néanmoins, il existe des positions tranchées ou équilibrées quant à l’appréciation de son ampleur. Car si 20% les jugent très rares, elles seraient simplement occasionnelles pour 32% tandis que 20% estiment que les cas de corruption restent fréquentes (16%) ou même très fréquentes (4%).

Ces statistiques ont été rendues possibles grâce à «l'indice de la société civile (ISC) mis en œuvre par l'alliance pour la société civile, une organisation basée à Johannesburg et qui, chaque année, collecte un certains nombre d'informations pour (qualifier) la situation de la société civile dans chaque pays», explique le Dr Hane.

Pour la présente étude, c'est un échantillon de 1 000 ménages qui a été utilisé pour le questionnaire communautaire, et 25 pour le questionnaire OSC. Et après avoir mis en balance toutes les données, le Comité consultatif national a tranché : «Il y a des cas occasionnels de comportements de corruption au sein de la société civile». Mais, a tempéré l'anthropologue, «ce sont des cas occasionnels assez marginaux (donc) ce n'est pas le comportement de la société civile».

En matière de promotion de la démocratie, le rapport Civicus souligne que la société civile (SC) sénégalaise «est une force motrice dans la promotion de la transparence du gouvernement et des entreprises». Et ses activités (…) «dans ce domaine bénéficient d’un large soutien et/ou d’une forte visibilité publique». C'est ainsi que 56% de l'échantillon jugent «important» son rôle, «modéré» pour 16%, «considérable» pour 40%.

Pas encore «reluisante», telle est l'image des Osc en matière de promotion de la démocratie par la société civile. La contribution de cette dernière à ce sujet est jugée importante par 60% des acteurs interrogés, mais ils sont 36% à l'estimer faible. «Quant il s'agit des démocraties à l'intérieur des sociétés civiles, ça pose une problématique», dira Mme Hane.

S'agissant des forces, faiblesses, échecs et obstacles de la société civile sénégalaise, il est relevé sa «forte capacité d’influence et de lobbying, un champ d’actions et cibles de plus en plus larges mais également une faible capacité institutionnelle et professionnelle, une faible démocratie interne et une transparence limitée, un manque d’autonomie ou encore des rapports troubles avec la société politique».

L’indice Civicus, réalisé dans plusieurs pays africains, prend en compte quatre domaines : la structure de la société civile, l'environnement externe, les valeurs de la société civile et l’impact dans ses activités. Cet indice est un projet développé par l’Alliance mondiale pour la participation citoyenne dénommée Civicus.

ANTOINE DE PADOU

 

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