Publié le 8 Apr 2026 - 14:55
CRISE A LA CAF  

Patrice Motsepe en « mission de la dernière chance » à Dakar

 

Entre la bataille juridique au TAS, les menaces d’enquêtes pour corruption portées par l'État sénégalais et la colère populaire liée à la détention de supporters à Rabat, la visite du président de la Confédération africaine de football au Sénégal, ce mercredi 8 avril 2026, s'annonce comme un tournant explosif pour l'avenir du football continental.

 

Un tête-à-tête politique et sportif

Vu le contexte actuel avec le feuilleton dommageable et apparemment sans fin de la finale de la dernière CAN, sa venue à Dakar n'était qu'un secret de polichinelle. Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (CAF), est attendu ce mercredi 8 avril 2026 dans la capitale sénégalaise. Cette étape dakaroise, loin d'être une simple visite de courtoisie, s'inscrit dans une tournée sous-régionale d'urgence qui le mènera ensuite au Maroc.

Le programme du dirigeant sud-africain témoigne de la gravité de l'heure : il doit s’entretenir avec le chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, dont la posture ferme sur la souveraineté sportive et l'éthique a marqué les esprits. Sa toute dernière photo officielle sur les réseaux sociaux en dit long. La Coupe ne bougera pas d'un iota. Après le Palais de la République, le patron du football africain rencontrera également Abdoulaye Fall, président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), pour tenter d'accorder les violons au sein de la famille du football africain.

Rappelons juste que le point de friction majeur demeure le dossier de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, une affaire désormais « pendante » devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Alors que les instances sportives s'enlisent dans des procédures juridiques complexes, Patrice Motsepe tente une approche diplomatique de la dernière heure. Son objectif ? Privilégier le dialogue pour trouver une issue extrajudiciaire et apaisée, afin d'éviter une fracture définitive entre les grandes nations du football africain.

Cependant, la pression est montée d'un cran. L’État du Sénégal ne semble pas disposé à se contenter de compromis de couloir. Les autorités sénégalaises ont récemment agité le spectre d'une enquête internationale visant des soupçons de corruption entourant ce dossier. Cette volonté d'aller sur le terrain judiciaire et de la transparence financière place la CAF dans une position inconfortable, obligeant son président à faire preuve d'une agilité politique sans précédent.

Une opinion publique sous haute tension

Toujours est-il que le climat social à Dakar ne facilite pas la tâche du patron de la CAF. Sur les réseaux sociaux, l'annonce de sa venue a déclenché un véritable tollé. L'indignation des internautes sénégalais est nourrie par un sentiment d'injustice qui dépasse le simple cadre du terrain.

L’opinion publique est particulièrement exacerbée par le sort de 18 supporters sénégalais toujours détenus à Rabat. Ce volet humain et diplomatique vient s'ajouter aux griefs sportifs, transformant la visite de Motsepe en un véritable test de popularité et de crédibilité. Pour beaucoup, la CAF est perçue comme trop conciliante face à certains intérêts, et Dakar compte bien faire entendre sa voix.

Cette visite pourrait s’avérer déterminante. Si Patrice Motsepe parvient à désamorcer la bombe sénégalaise, il pourrait sauver la cohésion de l'institution qu'il dirige. À l'inverse, une fin de non-recevoir de la part des autorités de Dakar ou un maintien des menaces d'enquêtes pourrait plonger la CAF dans l'une des crises institutionnelles les plus graves de son histoire.

Entre diplomatie de salon et grondement de la rue, le mercredi 8 avril sera, sans nul doute, une journée charnière pour le sport roi en Afrique.

MAMADOU DIOP

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