Entre soulagement et inquiétudes des paysans
Les paysans avaient décrié le retard dans la mise en place des intrants agricoles cette saison. Ces derniers admettent avoir réceptionné une bonne quantité de semences, d'engrais et d'autres intrants comme les fertilisants des sols. Malgré tout, leurs inquiétudes subsistent du fait du timing de réception, puisque la saison a déjà débuté.
Ils poussent un grand soupir de soulagement. Les paysans du bassin arachidier annoncent la réception des intrants agricoles après quelques semaines d'inquiétude face au retard noté dans leur mise en place. Même si cette situation laisse toujours planer une certaine crainte dans le monde paysan. « Actuellement, les semences et les autres intrants agricoles sont en train d'être mis en place dans la zone centre, notamment à Kaolack », renseigne Cheikh Tidiane Cissé, président de l'Association des agriculteurs du bassin arachidier.
Il précise que cette accélération du processus de mise en place des intrants est due à la pression exercée sur les opérateurs par les autorités sénégalaises. En effet, selon lui, « ils ont été contraints, sous peine d'être remplacés par d'autres opérateurs, de mettre les intrants à la disposition des producteurs ».
Seulement, d'après ladite organisation d'agriculteurs, malgré ce ouf de soulagement, il faudrait plutôt anticiper chaque année afin d'éviter ce genre de situation. Sa préoccupation est que les semences, par exemple, sont données sous forme de graines en coque à décortiquer. Donc, décortiquer des tonnes de graines à la main (puisque c'est le seul moyen pour préserver la semence) est fastidieux, avec un impact sur la saison, notamment sur le moment des semis. Surtout que, d'après lui, certaines localités ont commencé à recevoir de la pluie.
Par ailleurs, il affirme que la distribution de l'engrais est aussi salutaire que celle des semences d'arachide et des autres spéculations, en ce sens que cela permet aux paysans de prioriser les cultures de la saison. « Si on constate que l'engrais destiné à l'arachide est plus abondant, le choix de cette culture sera fait au détriment du maïs, et vice-versa. Aussi, si le constat est qu'aucun de ces intrants n'est suffisant pour la saison, le producteur peut opter pour la location de ses terres à d'autres agriculteurs, à défaut de trouver une astuce pour combler le gap », a-t-il expliqué.
Revenant sur le passé, M. Cissé rappelle que dans les années 1930, les intrants étaient positionnés à temps, car les autorités d'alors tenaient compte de cette réalité dans les champs, ce qui permettait aux agriculteurs d'être prêts bien avant les saisons. Hélas, cette pratique est révolue à son avis, et c'est justement l'explication des retards dans la mise en place des intrants agricoles et de toutes les conséquences que cela induit.
Il n'a pas manqué de regretter la cherté de l'urée, doublée de son indisponibilité pour les agriculteurs. « Nous risquons de connaître de gros problèmes cette année, en ce sens que si les autorités distribuent ce qu'elles ont comme engrais, les paysans seront livrés à eux-mêmes, n'ayant pas la possibilité de s'en procurer, celui-ci étant introuvable et cher », prévient M. Cissé.
Il ajoute qu'au-delà des spéculations faites par les vendeurs, il faut noter que les paysans commencent de plus en plus à se lancer dans la culture du maïs, et que si l'engrais indispensable à ce type de culture est rare, cela cause d'énormes dommages. Il insiste sur le taux de rendement important de la culture du maïs et sur la facilité de son écoulement sur le marché qui, selon lui, encouragent les producteurs cherchant à combler le déficit de rendement observé dans d'autres cultures.
« C'est un aspect important à prendre en compte puisque la culture du maïs est une question de survie dans le monde rural. Donc, plus d'engrais et d'urée pour le maïs ne seront que très bénéfiques », a-t-il préconisé.
Il conclut en affichant sa satisfaction par rapport à la mise en place des fertilisants des sols. En effet, selon lui, « chaque paysan a réceptionné dix sacs, ce qui constitue un grand bond en avant. Mais je demande que cette politique de mise en place de cet intrant soit renouvelée chaque année et à temps, car le timing compte énormément pour la fertilisation des sols ».
Pour ce qui est des préparatifs de la campagne agricole 2026-2027, un Comité régional de développement (CRD) a été organisé sous la direction du gouverneur de Kaolack et des acteurs du secteur agricole.
En marge de cette réunion préparatoire, Cheikh Ahmad Tidiane Dieng, directeur régional du Développement rural de Kaolack, a expliqué qu'au sujet de la mise en place des intrants, « 11 600 tonnes de semences d'arachide sont prévues, avec un taux de mise en place de 42 %. Concernant l'engrais, l'effectivité de la mise en place a presque atteint 50 %. Les opérations de cession ont démarré dans plusieurs commissions, au nombre de 41 au total ».
BACHIR KANE






