Publié le 6 Aug 2026 - 12:33
RÉSILIENCE, DÉSENCLAVEMENT ET EMPLOI

La Banque mondiale accorde 220,7 milliards de F CFA au Sénégal

 

Le gouvernement du Sénégal et la Banque mondiale ont signé, hier, trois accords de financement d’un montant global de 220,71 milliards de F CFA. Les fonds sont destinés à renforcer la réponse du pays aux crises, à désenclaver les zones de production agricole et à soutenir le développement économique de la Casamance et de l’Est du Sénégal.

 

Le Sénégal et la Banque mondiale renforcent leur partenariat. Trois accords de financement portant sur une enveloppe globale de 220,71 milliards de F CFA, soit 388 millions de dollars, ont été signés, hier à Dakar, en présence d’Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, en visite au Sénégal. Ces financements concernent le Projet de réponse d’urgence contingente (CERP), le Projet de connectivité des zones de production agricole dans le Nord et le Centre du Sénégal (PCZA), ainsi que le Projet de développement économique de la Casamance et de l’Est du Sénégal (PDEC).

À travers ces trois initiatives, le gouvernement et l’institution financière internationale entendent améliorer la capacité du pays à faire face aux crises, faciliter l’accès des territoires agricoles aux marchés et élargir les perspectives d’emploi, notamment au profit des jeunes et des femmes. « Ces accords s’inscrivent dans une logique de transformation durable : anticiper davantage, répondre plus vite, mieux relier les territoires aux leviers de croissance et créer de nouvelles opportunités économiques pour les populations », a déclaré le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba.

Selon lui, ces financements traduisent la volonté de faire de la résilience, de la connectivité, de l’inclusion territoriale et de la création d’emplois des instruments concrets au service de la Vision Sénégal 2050.

118,32 milliards de F CFA pour faire face aux crises

Le financement le plus important, d’un montant de 118,32 milliards de F CFA, soit 208 millions de dollars, est consacré au Projet de réponse d’urgence contingente. Ce mécanisme doit permettre au gouvernement de mobiliser rapidement des ressources en cas de catastrophe naturelle, d’urgence sanitaire ou de choc économique répondant aux critères d’éligibilité. Dans un contexte marqué par les perturbations de certaines chaînes d’approvisionnement, le projet pourra notamment financer des interventions ciblées en faveur des populations et des secteurs les plus exposés.

En s’appuyant sur le Registre national unique et les dispositifs de protection sociale existants, le CERP doit permettre d’apporter rapidement une assistance aux ménages vulnérables. Les ressources pourraient également être utilisées pour assurer la continuité de services essentiels, notamment l’approvisionnement en carburant, ou pour acquérir des intrants agricoles et des engrais. L’objectif est de limiter les conséquences des crises sur les activités productives, les revenus et les emplois des populations les plus fragiles.

Le deuxième accord porte sur un financement additionnel de 79,64 milliards de F CFA, équivalant à 140 millions de dollars, en faveur du Projet de connectivité des zones de production agricole dans le Nord et le Centre du Sénégal. Approuvé en juillet 2026, ce nouveau financement porte l’investissement global du PCZA à 267,81 milliards de F CFA, soit 470,8 millions de dollars. Environ 570 000 personnes devraient en bénéficier directement. Le projet prévoit la réalisation de nouvelles routes ainsi que d’infrastructures communautaires le long de corridors considérés comme stratégiques.

Ces investissements doivent réduire les coûts de transport, faciliter l’écoulement des productions agricoles et rapprocher les communautés rurales des écoles et des structures sanitaires. Au-delà du désenclavement, le PCZA est présenté comme un levier de création d’emplois et de dynamisation de l’économie locale. L’amélioration de la circulation des personnes et des marchandises devrait favoriser les échanges, renforcer la compétitivité des filières agricoles et soutenir le développement des petites entreprises installées dans les zones concernées.

Le PDEC étendu à Kédougou

Le troisième accord concerne un financement additionnel de 22,75 milliards de F CFA, soit 40 millions de dollars, destiné au Projet de développement économique de la Casamance et de l’Est du Sénégal. Cette nouvelle enveloppe porte l’investissement total du PDEC à 48,35 milliards de F CFA, équivalant à 85 millions de dollars. Le projet devrait profiter à près de 850 000 personnes. Initialement centré sur la Casamance, il sera désormais étendu à la région de Kédougou. Cette extension doit permettre de mieux valoriser les potentialités agricoles, minières et touristiques de cette partie orientale du pays. Le PDEC ambitionne notamment de renforcer les chaînes de valeur locales et de créer un environnement favorable à l’emploi productif et décent. Une attention particulière sera accordée aux jeunes et aux femmes, considérés comme les principaux porteurs du potentiel économique de ces territoires.

Pour le directeur de division de la Banque mondiale pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cabo Verde, la Guinée-Bissau et la Gambie, Djibrilla Issa, ces financements doivent faire de la préparation aux chocs, de la connectivité territoriale et du développement économique local des leviers structurants de transformation. Les trois accords prolongent ainsi le partenariat entre le Sénégal et la Banque mondiale autour de la résilience, des infrastructures et du développement territorial, avec l’objectif affiché de soutenir une croissance plus inclusive et davantage créatrice d’emplois.

AMADOU FALL

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