Publié le 26 Jan 2023 - 14:02
ENTREPRENEURIAT

Les jeunes misent sur le digital

 

Engagés dans le développement de start-ups, de jeunes Sénégalais font le pari de l'entrepreneuriat digital autrement.

 

L’État ne peut pas employer tout le monde, encore moins trouver du boulot à tous les jeunes Sénégalais. Ces derniers l’ont bien compris et se tournent de plus en plus vers l’entrepreneuriat. Ils sont à l’ère du monde. Ils sont dans le digital.  Curtis-Axel Zirignon est un d’entre eux. Ce jeune entrepreneur d’origine ivoirienne est passionné d'art et de technologie. Il est actuaire de formation et expert en NFT. Il a une bonne compréhension de la technologie, de l'analyse de données et de l’écosystème Tech africain, ce qui lui permet de mieux développer KUCIBOK avec son équipe.

À ses côtés, Moctar Sidibé, plus connu sous le pseudonyme de ‘’Khalif’’, est un artiste numérique talentueux et un expert en NFT. Il est connu pour ses œuvres digitales innovantes et sa capacité à utiliser des technologies avancées pour créer des expériences immersives. Il a une bonne maîtrise de l'art et de la technologie, notamment la création de NFT ; ce qui lui permet de développer des concepts créatifs uniques et de les mettre en œuvre de manière efficace. Il est également un expert en communication visuelle ; ce qui lui permet de créer des designs esthétiques et des présentations accrocheuses pour les projets de Kucibok.

Ainsi, Curtis-Axel Zirignon et Moctar Sidibé sont deux entrepreneurs talentueux qui combinent leur expertise en   technologie, art et NFT pour créer une marketplace innovante pour les marchés NFT et dédiée à mettre en valeur l’identité africaine tout en impactant positivement la société. Ils ont une solide expérience professionnelle qui leur permet de développer des concepts uniques et innovants.

Par ailleurs, Kucibok est une marketplace d’actif numérique non fongible communément appelé des NFT, créé en 2021 par des jeunes entrepreneurs africains, Moctar Sidibé et Zirignon Curtis-axel. Kucibok s’est donné pour mission de relever l’identité africaine à travers l’art et ses dérivés. Mais également de permettre à tous les artistes du continent de pouvoir vivre de leur art et d’impacter la société grâce à des actions sociales dirigées vers les 17 objectifs de développement durable établis par les Nations Unies.

À en croire Curtis, l’idée est venue d’eux-mêmes, car le cofondateur de la market, Moctar Sidibé, ainsi que bon nombre d'artistes avaient ce besoin de vendre leurs œuvres. ‘’Il faut des NFT, sinon tu peux faire ta création pour la poster sur les réseaux sociaux et n’importe qui pourra venir se l'approprier juste par une capture d’écran’’, souligne-t-il.

L’essentiel de leurs activités est centré au Sénégal. Pour ces jeunes start-ups, le problème majeur est d’avoir la confiance des bailleurs. Il y a un problème de crédibilité et de confiance. Les gens ne donnent pas leur argent aussi facilement, car ils ne comprennent pas bien la technologie. ‘’Ils se disent le NFT, c’est juste des images, des vidéos. Comment peut-on gagner de l’argent ?’’, renseigne M. Zirignon.

‘’L’art social et solidaire’’

Mais cela n’a pu constituer une barrière face à leurs ambitions. Aujourd’hui, le duo a, à son actif,  plusieurs expositions virtuelles, plusieurs ateliers de création dans les universités comme Sup'imax, ainsi que divers programmes dont le plus important est sûrement le dernier mis sur pied : ‘’L’art social et solidaire.’’ Elle sert à créer des œuvres avec les élèves de la maternelle et de l’élémentaire dans les écoles de Dakar pour les revendre afin d’apporter une aide aux pouponnières et orphelinats à Dakar, ainsi que diverses écoles et des élèves en manque d’équipements scolaires à l’extérieur de Dakar.

‘’On va insérer les orphelins dans des programmes gratuits où ils pourront apprendre plein de choses et de petits métiers pour qu'eux-mêmes puissent subvenir à leurs besoins et à ceux de toute leur famille’’, ajoute-t-il.

La dernière fois, Moctar a vendu son œuvre d’art à environ 2,5 millions de francs CFA sur la market NFNT. Mais à signaler que ce ne sont pas les Africains qui les achètent, ce sont les gens qui viennent de l’extérieur qui sont beaucoup plus intéressés par  l’art et la culture. Ce qui joue le plus, c’est la condition sociale et les mentalités. ‘’Les Africains aiment les œuvres d’art ; ça se voit parce qu’on a fait beaucoup d’activités par rapport à ça. Le problème qui se pose, c'est pourquoi l’Africain n’est pas prêt à payer pour avoir cette œuvre d’art ? Il est prêt à venir la regarder, la juger, mais il n’est pas prêt à sortir son argent pour l’avoir chez lui’’, se désole M. Zirignon.

Par ailleurs, Curtis Zirignon invite les jeunes à utiliser le potentiel des réseaux sociaux. Selon lui, les réseaux sociaux, "ce n’est pas le lieu pour aller critiquer les politiques, encore moins  les hommes religieux. Ils voient les réseaux sociaux comme un moyen de connecter la population. Les réseaux sociaux comme WhatsApp, Instagram, Tik Tok ; etc., c’est pour communiquer, cela permet de s’informer. L’information est maintenant disponible rapidement. Mais les jeunes ne l’utilisent pas de cette manière. Je me dis qu’ils sont encore jeunes et donc pas prêts’’.   

Bamba Mbaye est comme ce duo. Il est le fondateur de Boosters Sénégal. C’est une agence créative audiovisuelle qui s’intéresse à la liaison entre l’entrepreneuriat et les industries créatives et culturelles. Ce passionné travaille avec des entités, des micro-entrepreneurs. Son  entreprise a vu le jour en 2019. Depuis, elle ne cesse de grandir. ‘’Actuellement, nous sommes dans l’optique de créer un réseau de studios de production en location comme le (RBNB) en vidéo. C'est-à- dire de mettre en place au niveau de l’Afrique francophone comme dans les grandes villes un réseau qui va relier l’entrepreneuriat à l’industrie créative’’, souligne Bamba. Le but est de vulgariser l’entrepreneuriat, mais de par les industries créatives.   

 DIANA DIA (Stagiaire)

 

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