Des commerçants s’engagent à acheter la production

Le gouvernement veut accélérer la commercialisation du riz local. Dans un communiqué reçu hier à EnQuête, le ministère de l'Industrie et du Commerce annonce qu'un accord sera signé avec des commerçants pour faciliter l'achat et la distribution du riz produit au Sénégal. Cette initiative survient alors que les riziculteurs dénoncent depuis plusieurs semaines les difficultés d'écoulement de leurs récoltes.
Le gouvernement tente de désamorcer la crise qui secoue la filière rizicole. Face aux difficultés de commercialisation dénoncées par les producteurs, le ministère de l'Industrie et du Commerce affirme avoir engagé des discussions avec des commerçants et opérateurs économiques afin de trouver des débouchés durables pour le riz local. Selon le ministère, plusieurs d'entre eux se sont déjà engagés à acheter la production nationale et à en assurer la mise sur le marché. Pour formaliser cet engagement, une réunion élargie réunissant la Primature ainsi que les ministères chargés des Finances, de l'Agriculture et du Commerce est prévue mercredi. Elle doit déboucher sur la signature d'un mémorandum d'entente entre l'État et les commerçants partenaires.
Le document prévoit notamment de fixer les volumes de riz que les commerçants s'engageront à acheter, de convenir d'un prix de vente de 280 F CFA le kilogramme, complété par une subvention de 50 F CFA/kg en faveur des producteurs. Il doit également définir les modalités d'écoulement de la production – calendrier, zones de distribution et organisation logistique – tout en veillant à préserver l'équilibre entre les intérêts des riziculteurs, des distributeurs et des consommateurs.
Le ministère rappelle que plusieurs mesures ont déjà été prises pour soutenir la consommation du riz local. Il cite notamment la réalisation d'une campagne de promotion, l'acquisition d'environ 9 000 tonnes de riz blanc par l'Agence de régulation des marchés (ARM) et la Direction du commerce intérieur, ainsi que le gel temporaire des importations de bananes, d'oignons et de pommes de terre afin de favoriser l'écoulement des productions nationales.
Reconnaissant que le riz sénégalais reste confronté à un déficit de compétitivité face au riz importé, notamment en raison des coûts de production et des conditions de commercialisation, le ministère assure que les préoccupations des producteurs sont prises en compte. Il annonce également l'organisation, d'ici à la fin du mois de juillet, d'une tournée de suivi et de réunions des Comités régionaux de développement (CRD) consacrées à l'écoulement du riz local, en collaboration avec le ministère de l'Agriculture.
À travers ces mesures, les autorités réaffirment leur volonté de soutenir une filière qu'elles considèrent comme un pilier de la souveraineté alimentaire et de la stratégie nationale de substitution aux importations. Reste à savoir si les engagements annoncés permettront de résorber rapidement les difficultés de commercialisation qui alimentent la grogne des producteurs depuis plusieurs semaines.
FATOU BA






