Publié le 30 Jul 2026 - 08:55
ESCROQUERIES EN LIGNE

Jusqu'à 114 milliards de dollars perdus en une année

 

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) alerte sur l'essor d'une forme de traite des êtres humains qui alimente les réseaux mondiaux de cybercriminalité. Attirées par de fausses offres d'emploi, des centaines de milliers de personnes sont contraintes de participer à des escroqueries en ligne.

Les escroqueries en ligne ne font plus seulement des victimes parmi les internautes. Elles exploitent également des milliers de personnes recrutées sous de faux prétextes, puis séquestrées et forcées à arnaquer d'autres victimes à travers le monde. À la veille de la Journée mondiale de lutte contre la traite des personnes, célébrée le 30 juillet, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) tire la sonnette d'alarme sur l'ampleur grandissante de ce phénomène.

Selon l'organisation, cette nouvelle forme de traite des êtres humains alimente une véritable industrie criminelle transnationale. Les victimes, attirées par de prétendues offres d'emploi, sont retenues contre leur gré dans des centres spécialisés où elles sont contraintes de mener des escroqueries via Internet, générant des profits colossaux pour les organisations criminelles.

Les chiffres publiés par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) illustrent l'ampleur du phénomène. En 2025, les escroqueries en ligne ont entraîné des pertes estimées entre 88,3 et 114,1 milliards de dollars en Asie de l'Est, en Asie du Sud-Est, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Une part importante de ces sommes aurait directement alimenté les réseaux du crime organisé.

Le phénomène ne cesse par ailleurs de s'internationaliser. À la fin de l'année 2025, les victimes identifiées étaient originaires de près de 80 nationalités. Les groupes criminels recrutent désormais au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe de l'Est et dans les Balkans, en Asie du Sud, dans le Pacifique, mais aussi en Amérique latine et dans les Caraïbes. Pour l'OIM, cette évolution confirme que la traite à des fins de cybercriminalité est désormais un phénomène mondial.

Face à cette menace, l'organisation a adopté une stratégie régionale pour la période 2026-2030, destinée à renforcer la prévention, améliorer la protection des victimes, intensifier la coopération transfrontalière et soutenir le démantèlement des réseaux criminels en Asie et dans le Pacifique.

L'OIM souligne avoir déjà accompagné plus de 3 500 victimes, originaires de 39 pays, entre 2022 et 2025 en Asie du Sud-Est, preuve de l'ampleur d'un trafic qui ne cesse de gagner du terrain.

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