Publié le 26 Sep 2014 - 15:01
GESTION DU DOSSIER LE JOOLA

Qui pour renflouer le bateau ?

 

Une épave enfouie dans les fonds abyssaux avec une bonne partie de sa cargaison… Voilà ce qui reste du bateau le « Joola «  qui assurait la liaison Dakar-Ziguinchor avant de sombrer aux larges des côtes gambiennes, le 26 septembre 2002.

 

C’est pour, entre autres, lutter contre l’oubli que la nation entière va se souvenir ce matin, et pour la 12 fois, du naufrage du bateau le Joola. Aujourd’hui encore, la gestion de ce qu’il est convenu d’appeler « le dossier du Joola » fait couler beaucoup d’encre. En effet, outre la prise en charge des pupilles de la nation, le président d’alors, Me Abdoulaye Wade, avait promis des bourses nationales et internationales à tous les étudiants, parents de victimes qui, pour la plupart, faute de moyens, ont fini par « cartoucher ».

Cette promesse saluée à l’époque par les familles a été, elle aussi, emportée par les « flots de l’océan atlantique ». Sur ce registre, il faut relever qu’une liste d’étudiants avait pourtant été confectionnée et envoyée à la Primature sur demande de Macky Sall à l’époque Premier Ministre. Il s’en était suivi un conseil interministériel tenu en 2005.

Rien, depuis. Ce dossier a fini par être rangé aux oubliettes, comme au demeurant, le projet d’autopromotion économique et sociale des familles des victimes. Lequel avait fait l’objet d’une rencontre de partage entre l’association  des familles des victimes et rescapés et le Ministère de la Famille dont Aïda Mbodj avait la charge, à l’époque. Autant d’engagements qui, s’ils avaient été respectés, soutiennent les familles, « apporteraient soulagement et réconfort aux nombreuses familles des victimes.»

A côté des engagements pris par l’État, les familles de victimes avaient énuméré un certain nombre de doléances qui, elles aussi,  fâchaient  le président Wade, à chaque fois qu’elles étaient évoquées. Il s’agit notamment du renflouement de l’épave qui a fait l’objet d’une rencontre, le 12 août 2006 à Bruxelles, entre les familles françaises, belges, hollandaises et Louis Michel.

Rencontre au cours de laquelle le Commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire avait déclaré être disposé à aider le Sénégal à renflouer l’épave, mais que cela ne pouvait se réaliser qu’avec l’accord du Président Wade qui avait, à cet effet, été saisi par le Commissaire européen, en novembre de la même année. Louis Michel, sur demande des familles, avait aussi déclaré sa disponibilité à œuvrer pour la construction - symbole de la lutte contre l’oubli - d’un mémorial à dimension internationale à Kafountine dans le département de Bignona.  

 A l’occasion de la célébration du huitième anniversaire de cette catastrophe maritime, le Président national de l’association des familles des victimes avait réitéré au Ministre d’Etat, Ministre des Forces Armées, la volonté des familles des victimes de renflouer le navire, en l’informant que, « conformément à nos croyances et cultures », les familles des victimes sénégalaises en accord avec celles européennes, proposaient un plan de renflouement du bateau. Plan qui consiste « à tirer l’épave jusqu’à 500 mètres de la côte de Kafountine et à y dresser un sanctuaire marin après avoir vidé le contenu dans une fosse commune qui servira de socle ». Un « socle », précisait-il, sur lequel sera érigé un mémorial portant les prénoms et noms de toutes les victimes.

Ce mémorial à dimension internationale, renseignait Moussa Cissokho, devrait servir, non seulement de lieu de prière et de pèlerinage, mais va contribuer, disait-il, à l’accompagnement psycho-social des rescapés et des parents de victimes, entre autres. En réponse, Bécaye Diop, alors ministre des Forces Armées, avait tout simplement demandé aux familles de « renoncer au projet » et « d’apprendre à oublier ». Le ministre déclarait que « sortir la carcasse du navire ne rendrait pas aux familles les corps de leurs parents naufragés ».

Ce sont, somme toute, autant de questions qui resurgiront dans la tête des familles des victimes de ce « jeudi noir », mais qui ne seront pas, à coup sûr, à l'ordre du jour lors de la célébration, ce 26 septembre 2014, du 12e anniversaire du naufrage du « majestueux ferry, véritable « éléphant des eaux », le bateau le Joola. Les autorités ont choisi, depuis quelques années maintenant, le recueillement et la prière à la place des discours et des palabres.

HUBERT SAGNA (CORRESPONDANT, ZIGUINCHOR)

 

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